Caducité ou continuité de la doctrine de Monroe
Telle est la question qu’ont assez inopinément posée, en juillet dernier, les développements de l’affaire cubaine sur le plan diplomatique, devant les instances des Nations Unies et celles de l’Organisation des États américains.
On se rappelle qu’à la suite de la saisie par le gouvernement cubain d’importantes raffineries étrangères, boycotées par plusieurs grandes sociétés productrices, et aussitôt approvisionnées par la flotte pétrolière des Soviets, le Président Eisenhower, dûment autorisé par le Congrès, avait décidé de suspendre l’application du Sugar Act, réglementant l’importation aux États-Unis des sucres cubains à des cours préférentiels ; qu’une plainte en « agression économique » avait été déposée par Cuba devant le Conseil de Sécurité, tandis que de Moscou, dans un retentissant discours, M. Krouchtchev assurait le peuple cubain de son aide en cas d’attaque, allant jusqu’à menacer les États-Unis, comme naguère la France et la Grande-Bretagne lors de l’affaire de Suez, de ses fusées intercontinentales.
Le Président Eisenhower, dans une déclaration qu’il faisait remettre à la presse, protestait des intentions pacifiques de son gouvernement, mais ajoutait que les menaces des Soviets ne sauraient détourner celui-ci, conformément à ses engagements diplomatiques, de s’opposer à tout établissement dans l’hémisphère américain d’un régime dominé par le communisme international. De son côté, le Sénateur Kennedy, qui venait d’arriver à Los Angeles où le Congrès démocrate allait le désigner comme candidat à la Maison Blanche, dénonçait « cette première violation, depuis un siècle, de la Doctrine de Monroe ».
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