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Juin 2021 - n° 841

La France, acteur stratégique ?

« La France ne peut être la France sans la grandeur. »

Charles de Gaulle
160 pages.

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

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Revue Défense Nationale - Juin 2021 - n° 841

La France, acteur stratégique ?

Le constat est hélas connu depuis longtemps sur l’Union européenne, qui hésite entre le kitsch de l’Eurovision et l’impuissance géopolitique face aux défis stratégiques marqués par le retour du rapport de force, de la violence interétatique et des États puissances aux ambitions désinhibées. La construction européenne est pourtant un des piliers de la politique française depuis plus de soixante ans. La France n’a en effet cessé de proclamer ses ambitions et de vouloir affirmer son rôle moteur, s’appuyant sur ses capacités militaires, dont la dissuasion nucléaire, totem emblématique de la Ve République. Mais entre l’autorité morale d’un général de Gaulle décidant de quitter l’Otan et la réalité d’aujourd’hui, la France est-elle encore la puissance qu’elle souhaite et prétend être ? Est-elle encore capable d’agir en totale souveraineté et indépendance ou est-elle accrochée à une vision nostalgique de son glorieux passé ? Telles sont les différentes questions et approches proposées dans le dossier de ce mois articulé autour de la Chaire des grands enjeux stratégiques contemporains de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dont l’édition 2021 porte sur « La France, acteur stratégique ? ».

Cette question est essentielle à double titre. D’abord, les mutations rapides des champs stratégiques obligent à s’interroger sur l’adéquation de nos moyens, de notre posture à nos ambitions politiques. Ensuite, parce que la campagne présidentielle pour 2022, qui est désormais pleinement engagée, doit être l’occasion d’un véritable débat sur ces ambitions et ne pas se limiter à un consensus mou avec des déclarations incantatoires, mais sans réelles réflexions. Ce dossier se veut ainsi une contribution importante et réaliste. À cet égard, la situation au Sahel mérite d’être abordée, car la dégradation constatée – malgré l’engagement déterminé de la France avec le courage de nos forces opposées à un ennemi sournois et polymorphe – démontre l’inadaptation des politiques conduites depuis plusieurs années et la complexité d’un théâtre où les intérêts des uns et des autres entrent en confrontation et interrogent sur les volontés africaines de sortir de la crise sécuritaire et politique.

Il n’en demeure pas moins vrai que nos armées déployées sur de nombreux théâtres n’ont jamais cessé de s’adapter aux exigences opérationnelles et de se moderniser même si les retards dans les programmes d’armement ont rendu la tâche difficile. L’exemple du programme A400M est emblématique à cet égard. Les premières études ont commencé en 1983 et le premier vol du prototype eut lieu le 11 décembre 2009. L’Armée de l’air reçut son premier appareil le 1er août 2013. Ses débuts furent laborieux et sa mise au point opérationnelle fut un long parcours d’obstacles avec de nombreuses critiques venant de toute part. Aujourd’hui, l’Armée de l’air et de l’espace s’apprête à réveiller le mythique escadron de transport « Béarn » pour mettre en œuvre l’appareil dont les équipages expriment leurs satisfactions à posséder un véritable game changer. L’A400M a gagné en maturité et apporte à nos forces de nouvelles capacités et le chemin ne fait que commencer.

Après des années difficiles où le vieillissement des matériels n’était pas compensé par le renouvellement des équipements, le changement est désormais pleinement engagé et concerne l’ensemble des forces. Il faut cependant rester plus que jamais vigilant, car l’accroissement des menaces est une réalité et il ne faudrait pas que 2022 se traduise par un lâche renoncement à nos ambitions stratégiques. ♦

Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Juin 2021 - n° 841

La France, acteur stratégique ?

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

Jérôme Pellistrandi, Sommet de l'Otan - 10 juin 2021

Première visite à l'étranger du président Biden avec le sommet du G7, ceux de l'Otan puis de l'UE et enfin une bilatérale avec Vladimir Poutine. Quels rôles et places pour la France ? À suivre.

Tribune

14 juin 2021

L’action déterminée du colonel Goïta : plus Sankara que Poutine (T 1289)

La Vigie, Kader A. Abderrahim

Le Président de transition, le colonel Assimi Goïta, est devenu l’homme fort d’un Mali faible. Son deuxième coup de force, écartant des représentants civils, a accéléré la volonté française de revoir l’opération Barkhane. Son profil de militaire compétent et sérieux n’empêche pas une inquiétude quant au devenir des institutions du pays mises à mal après des années de lutte improductive et de gouvernance peu efficace. Il va falloir qu’il retrouve la confiance d’une opinion publique malienne désabusée et de partenaires internationaux dont la France échaudés par l’incapacité du pays à proposer un projet politique crédible et soutenable.

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Article gratuit jusqu'au 14 juillet 2021

Florilège historique

« Quelles conditions à l'indépendance des pays baltes ? » (décembre 1990) par Pascal Lorot

Le 17 juin 1940, l’URSS occupait les États baltes, profitant de la situation chaotique de l’Europe, alors que la France était sur le point de demander l’armistice. Les trois États baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie – avaient obtenu leur souveraineté à l’issue de la Première Guerre mondiale et de l’effondrement de l’empire russe suite à la révolution bolchévique d’octobre 1917. Cette annexion par Staline ne fut jamais totalement entérinée mais il fallut attendre la fin de la guerre froide et le démantèlement de l’URSS pour qu’ils retrouvent leur pleine souveraineté au grand mécontentement de l’opinion publique russe, d’autant plus que des minorités russophones restent présentes dans ces pays. Ceux-ci ont très vite intégré à la fois l’Otan et l’Union européenne (UE) pour se préserver des agissements russes. Leur taille et leur poids démographiques en font des proies faciles au gré des humeurs de Moscou, d’où le besoin de protection par l’Otan et auquel la France participe militairement. Ainsi, dans le domaine terrestre, l’Armée de terre est engagée régulièrement depuis mars 2017 et projette actuellement un Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) composé de 12 chars Leclerc et 8 Véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) dans le cadre de l’opération Lynx 9 enhanced Forward Presence (eFP), aux côtés de nos partenaires britanniques. Lire la suite

e-Recensions

Vincent Hugeux : Kadhafi  ; Perrin, 2021 ; 350 pages.

Si le comte Sforza, qui avait décrit la carrière de Venizélos comme une « leçon complète » de politique avait vécu plus longtemps pour observer la Révolution libyenne, sûrement l’aurait-il qualifiée de « leçon complète de coup d’État ». C’est la défaite de l’Égypte en 1967 qui fit l’effet d’un électrochoc sur les jeunes officiers libyens qui se firent un devoir patriotique de renverser le roi Idriss Senoussi, protégé et allié des amis d’Israël : la Grande-Bretagne et les États-Unis. « Mais qui sont ces militaires qui ont pris le pouvoir en Libye le 1er septembre 1969 à l’issue d’un coup d’État qui n’a duré pratiquement que quelques heures ? » Il leur a fallu surmonter bien des obstacles : la dispersion des hautes autorités entre Tripoli, Benghazi et Beida, l’existence d’une police omniprésente, qui dispose de plus d’effectifs, d’armes et d’engins que l’armée. Un secret total aura été gardé jusqu’au bout. Lire la suite

Eugène Berg

Les cahiers de la RDN

Cahier numérique - Mars 2021 - 120 pages

Février 2021 - 104 pages

Les Repères de la RDN

Lettre mensuelle d'informations tirées de sources ouvertes, réservée aux membres cotisants du CEDN

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