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Revue Défense Nationale - Février 2026 - n° 887
Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique
Dans le chaos géopolitique que le monde connaît, où les foyers de guerre ne cessent de s’allumer et de s’étendre – de l’Ukraine à l’Iran – et que les crises s’aggravent – du Venezuela au Groenland –, décider dans l’incertitude stratégique devient un impératif vital pour nos États fondés sur la démocratie et les principes du droit. D’autant plus que l’hyperconnectivité du monde a vite fait d’alimenter la machine médiatique et d’enflammer les opinions publiques abreuvées d’une désinformation soutenue et abondante. D’autant plus que les puissances prédatrices et leurs dirigeants sans scrupule s’appuient sur l’image – même générée par une Intelligence artificielle (IA) – pour imposer un rapport de force au détriment du droit international et de la morale. Lire la suite
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Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique
Nos États démocratiques confrontés à de nouveaux conflits majeurs doivent désormais décider et commander sous contrainte et dans l’urgence. La question de la décision politico-militaire et du C2, avec l’accélération des transformations technologiques dont le numérique devient central face aux crises géopolitiques que nous devons affronter sur un spectre de plus en plus large. Lire les premières lignes
Le fonctionnement de l’Otan est souvent mal perçu du grand public avec un présupposé de lourdeur démocratique. Pourtant, avec le principe du consensus, cela permet de faire progresser les capacités collectives, les Nations conservant leur autonomie de décision. L’évolution du C2 (Commandement et contrôle) répond à ce nouvel environnement géopolitique de plus en plus complexe obligeant à innover. Lire les premières lignes
La transformation de la conflictualité marque une vraie rupture et nous oblige à repenser notre façon de répondre à ces nouveaux enjeux. L’accélération du tempo dans tout le spectre de l’action est une réalité que l’Armée de l’air et de l’Espace a prise à bras-le-corps. Notre capacité collective à répondre à ces défis est une force que chaque aviateur cultive pour remplir les missions de demain. Lire les premières lignes
Le C2 (Commandement et contrôle) des opérations militaires est un enjeu fort au plus haut niveau de l’État. L’accroissement des données disponibles et le numérique bouleversent la chaîne de décision et accélèrent le tempo des opérations. L’irruption de l’Intelligence artificielle (IA) et l’automatisation des systèmes d’armes obligent à réfléchir aux nouveaux processus décisionnels avec des évolutions juridiques nécessaires. Lire les premières lignes
Commander demeure la responsabilité centrale du chef, quel que soit son environnement opérationnel. Commander ne signifie pas dicter une suite d’ordres à exécuter mais exige de donner un sens à l’engagement collectif. Cela oblige à aller au-delà des procédures et des technologies. Cela impose l’obligation de responsabilité, d’intelligence et de courage moral. Commander impose de décider. Lire les premières lignes
Le C2 (Commandement et contrôle) n’est pas qu’un outil technologique, c’est surtout un enjeu politique dans le contexte géopolitique en pleine mutation. À l’ère du multidomaine et de la donnée, le C2 est de plus en plus hybride, distribué et au cœur des capacités de décision d’un État et de ses choix stratégiques avec un impératif permanent : la responsabilité humaine du commandement. Lire les premières lignes
Le think tank Hudson Institute a été fondé en 1961. Son président, John P. Walters s’exprime sur les principaux enjeux autour du processus décisionnel, notamment aux États-Unis. Après un long parcours dans différentes administrations de la Maison-Blanche, son analyse permet de mieux comprendre les évolutions de la stratégie américaine et ses conséquences sur la scène internationale. Lire les premières lignes
L’organisation des commandements américains a débuté en décembre 1946. Les évolutions récentes des aires géographiques de responsabilité traduisent les changements des enjeux géopolitiques voulus par la Maison-Blanche. Pour l’auteur, fusionner CENTCOM au sein d’un commandement de l’international pourrait affaiblir les capacités de riposte américaine et il n’est pas sûr que le Congrès approuve. Lire les premières lignes
L’attaque par le Hamas le 7 octobre 2023 n’est pas une suite d’erreurs techniques ou de mauvaises évaluations pour le renseignement. C’est d’abord le révélateur d’une faillite conceptuelle profonde et durable de l’ensemble du système israélien de décisions politiques et militaires. Cela oblige à une réflexion complète sur la faillite collective pour en tirer les leçons nécessaires afin de ne pas renouveler une telle tragédie. Lire les premières lignes
Douglas J. Feith a été un acteur majeur dans le cadre de l’intervention anglo-américaine en Irak en 2003. Son ouvrage War and Decision permet de mieux comprendre les mécanismes décisionnels aux États-Unis qui ont abouti à cette guerre. Sa lecture apporte ainsi un éclairage lucide au moment où nous sommes confrontés à de nouvelles crises encore plus complexes. Lire les premières lignes
La 3e édition du Paris Defence and Strategy Forum (PDSF), qui se tiendra en mars 2026, traduit la montée en puissance de ce rendez-vous stratégique désormais indispensable. Cet événement majeur sur le site de l’École militaire démontre le besoin accru de réflexions sur notre environnement stratégique en pleine mutation. Sa dimension pluridisciplinaire et multinationale constitue sa plus-value à l’heure des ruptures géopolitiques. Lire les premières lignes
Le marché des énergies se transforme depuis les années 2020 avec la crise de la Covid puis de la guerre en Ukraine. Après l’efficacité des flux, les Nations consommatrices doivent désormais réfléchir en termes de résilience et d’autonomie. Cela oblige les États à redevenir stratège et à réduire les risques, alors même que les chaînes de production se sont modifiées. Lire les premières lignes
La question des prisonniers de guerre était devenue secondaire en l’absence de véritables conflits entre États. Avec la guerre en Ukraine et le risque de combats de haute intensité, le sujet est redevenu d’actualité et oblige à revoir son environnement juridique autour des Conventions de Genève. Un ajustement législatif est aujourd’hui nécessaire pour renforcer ce statut qui avait été un peu oublié. Lire les premières lignes
Après des décennies de réduction des budgets et des moyens consacrés à la défense, la Belgique est obligée de revoir à la hausse ses investissements militaires. Dans un contexte belge très spécifique, cela exige de trouver de nombreux compromis pour dégager des crédits supplémentaires, tout en sachant que le déficit et la dette vont continuer à augmenter malgré des promesses d’économies. Lire les premières lignes
Réfléchir sur l’avion de 6e génération amène à s’interroger sur les finalités opérationnelles d’un appareil habité. Il apparaît nécessaire de penser davantage système de systèmes qu’à une plateforme unique regroupant toutes les fonctionnalités mais à un coût rédhibitoire. Un Rafale X avec ses effecteurs serait une piste à envisager, s’appuyant sur nos capacités d’innovation. Lire les premières lignes
La boucle décisionnelle française est très spécifique et directement liée à notre histoire politico-militaire. Le général de Gaulle a mis en place un dispositif très efficace qui perdure aujourd’hui. Les exemples de Bizerte en 1961 puis de Kolwezi en 1978 ont contribué à construire cette dimension largement reprise par les successeurs du fondateur de la Ve République. Lire les premières lignes
À l’heure où un dialogue encore entouré de conditions semble s’amorcer entre l’Europe et la Russie, cette nouvelle édition de l’ouvrage paru en 2022 est la bienvenue. L’invasion de l’Ukraine s’est avérée être un aveu de faiblesse. En misant sur le temps long, en recourant à l’aide de ses alliés et en ayant su mobiliser ou neutraliser la société russe, Vladimir Poutine a largement redressé la barre, juge Lukas Aubin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Lire les premières lignes
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Revue Défense Nationale - Février 2026 - n° 887
Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique
When facing new and major conflicts, our democratic states now have to make decisions and command under pressure and in emergency. With the increasing rate of technological change—in digital matters especially—politico-military decision making and C2 are taking centre stage in the face of the ever-widening spectrum of geopolitical crises that we have to deal with.
The manner in which NATO functions is often ill-viewed by the public, whose preconception is of democratic inertia. Notwithstanding, the principle of consensus permits collective capabilities to be developed whilst nations retain their decisional independence. Given the need to innovate, current developments in command and control (C2) respond to the new and increasingly complex geopolitical environment.
The change in the nature of conflict signals a significant rupture, which requires us to reconsider our ways of responding to the new challenges presented. The reality of increasing tempo across the entire spectrum of action has been fully embraced by the Air and Space Force. Every aviator cultivates the collective ability to respond to these challenges, furnishing our strength to fulfil future missions.
Command and control (C2) of military operations presents a major challenge at the highest level of the state. Digital technology and the increased amount of data available are forcing change in the decisional chain and accelerating the tempo of operations. The sudden emergence of artificial intelligence (AI) and the automation of weapon systems compel us to consider new decisional processes along with legal developments necessary to them.
To command remains the central responsibility of a chief, whatever the operational environment. Commanding does not mean dictating a string of orders to be executed: it requires sense to be given to collective commitment. It means going beyond procedures and technology: it imposes responsibility, intelligence and moral courage. To command requires the ability to make decisions. [General Pierre Schill is the Chief of Staff of the French army]
Command and control (C2) is not just some technological tool, it is above all a major political challenge in the rapidly-changing geopolitical context. In the era of multi-domain operations and mass data, C2 is more than ever hybrid, distributed and at the very heart of a state’s capabilities for decision making and strategic choice. It carries the permanent imperative of the responsibility of human command.
The Hudson Institute think tank was founded in 1961. Its president, John P. Walters gives his views on the main challenges regarding the decisional process—in the United States in particular. With the experience of a long career under various White House Administrations, his analysis offers better understanding of developments in US strategy and its international consequences.
The organisation of US Commands began in December 1946. Recent alterations to the geographical areas of responsibility (AOR) result from the changes to geopolitical stakes as sought by the White House. The author believes that merging CENTCOM into an international command risks weakening US response capabilities; moreover, he is not certain that Congress would approve the move.
The Hamas attack of 7 October 2023 was not the result of a series of technical errors or of poor intelligence analyses. Above all it revealed deep and lasting conceptual bankruptcy within the entire Israeli system for political and military decision making. All of which calls for an overall analysis of the collective failings in order to highlight the lessons to be learned to avoid repetition of such a tragedy.
Douglas J. Feith was a major player during the Anglo-American intervention in Iraq in 2003. His book, War and Decision, offers a better understanding of the US decision-making mechanisms which led to that war. It is highly enlightening at a time when we are confronted by new, and even more complex crises.
The third edition of the Paris Defence and Strategy Forum (PDSF) will take place in March 2026 at the École Militaire in central Paris. This major event is proof of the increasing popularity of this now-essential strategic gathering and shows the greater need for discussion of our rapidly-evolving strategic environment. At a time of geopolitical rupture, its multi-disciplinary and multinational dimensions offer undoubted added value.
The energy market has undergone change since 2020, shaped by the Covid crisis and the war in Ukraine. Having established efficient energy flows, consumer countries now need to think in terms of resilience and autonomy. That will require states to readopt a strategic outlook and to reduce risks even though production chains have been modified.
In the absence of any real conflict between states, prisoners of war (PoW) had become a secondary issue; yet with the war in Ukraine and the risk of high-intensity combat the subject is once again under the spotlight and calls for a revision of the legal aspect of PoW status within the Geneva Conventions. Legislative change is now needed to reinforce that somewhat neglected status.
Following decades of reductions in budgets and assets allocated to defence, Belgium is now obliged to increase its military investment. In a context peculiar to Belgium, that will mean finding numerous compromises in order to release extra funding at a time when both deficit and debt are increasing despite promises of economies.
Consideration of 6th generation aircraft leads to questioning the operational need for a manned aircraft. It seems we need to think more of a system of systems than of a single platform which brings together all the functions needed at prohibitive cost. A Rafale X with its effectors could be a path worthy of investigation, calling upon our innovation capabilities.
The particularity of the French decisional cycle is a direct result of the country’s politico-military history. General de Gaulle established a very effective system, which benefited from contributions from Bizerte in 1961, and Kolwezi in 1978. It is still in place today, having been broadly perpetuated by those who succeeded the founder of the Fifth Republic.
Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique
Dans le chaos géopolitique que le monde connaît, où les foyers de guerre ne cessent de s’allumer et de s’étendre – de l’Ukraine à l’Iran – et que les crises s’aggravent – du Venezuela au Groenland –, décider dans l’incertitude stratégique devient un impératif vital pour nos États fondés sur la démocratie et les principes du droit. D’autant plus que l’hyperconnectivité du monde a vite fait d’alimenter la machine médiatique et d’enflammer les opinions publiques abreuvées d’une désinformation soutenue et abondante. D’autant plus que les puissances prédatrices et leurs dirigeants sans scrupule s’appuient sur l’image – même générée par une Intelligence artificielle (IA) – pour imposer un rapport de force au détriment du droit international et de la morale.
Notre défense garde en mémoire le terrible fiasco du printemps 1940 lorsque les chefs militaires et politiques étaient incapables, ne serait-ce que de connaître les positions de l’ennemi. Mal renseignés, les ordres arrivaient en retard et trop souvent inutiles. Aujourd’hui, à l’heure de l’explosion des données à analyser et de la révolution numérique appuyée par l’IA, décider puis commander avec le maximum d’efficacité opérationnelle sont des impératifs absolus pour l’autorité politico-militaire. Comprendre les mécanismes de décision et les mutations nécessaires qu’exigent les conflits d’aujourd’hui et de demain constitue ainsi la trame du dossier proposé ce mois-ci, avec une approche transatlantique particulièrement bienvenue au regard du trouble jeté depuis un an sur la relation entre les États-Unis et les membres de l’Otan. Comment commander sous la contrainte alors que le temps s’accélère ? Comment discerner la bonne approche alors que la guerre informationnelle est désormais une réalité permanente ? Comment adapter nos structures de décision quand tout est brouillé par l’incertitude subie ? Comment le retour d’expérience peut-il être nécessaire pour anticiper demain ?
Plus que jamais, dans un monde où la brutalité l’emporte sur la diplomatie et le multilatéralisme, quand l’hubris et l’ego deviennent le mantra de certains dirigeants, avides de recréer des empires ou des zones d’influence, la réflexion stratégique s’impose pour mieux appréhender les choix à faire avec nos partenaires et alliés. Dans la tourmente actuelle, la cohésion de l’équipage est indispensable. C’est aussi ce qui sera démontré du 24 au 26 mars avec la troisième édition du Paris Defence and Strategy Forum (PDSF) à l’École militaire. Un rendez-vous désormais indispensable pour mieux se préparer collectivement à affronter les désordres du monde d’aujourd’hui et de demain. ♦
Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique
La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.
Souveraineté militaire : les PME de la défense, nouvelles héroïnes de l’innovation. Alors que l’Ukraine privilégie l’armement américain, les PME françaises prouvent leur agilité face aux géants. Pour peser, elles doivent mener une bataille d’influence : maîtriser les codes institutionnels, investir les médias, et s’allier aux grands groupes. Un défi culturel et stratégique pour éviter de rester dans l’ombre.
« Problèmes actuels de l’approvisionnement en énergie - La révolution d’octobre 1973 et ses conséquences » (février 1974) par Pierre Desprairies
À la suite de la guerre du Kippour déclenchée le 6 octobre 1973, les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décidèrent d’augmenter massivement le prix du pétrole, en réaction au soutien américain à Israël. En l’espace d’un semestre, les prix sont multipliés par 4, entraînant de fait une crise économique dans les pays occidentaux, obligeant ceux-ci à revoir complètement leur politique énergétique. Pour la France, c’est le début de la fin des Trente glorieuses, avec une hausse du chômage. C’est à cette occasion qu’est lancé le plan massif de construction de centrales nucléaires par EDF. Lire la suite
Ménat Pierre : L’Europe entre Poutine et Trump ; L’Harmattan, 2025, 195 pages
Ex-conseiller de Jacques Chirac et ancien directeur Europe au Quai d’Orsay, l’auteur fait partie du petit cercle des hauts fonctionnaires français qui ont façonné la politique européenne de la France, durant les années 1990, années fastes pour notre pays et notre diplomatie. Aujourd’hui, la situation en Europe a bien changé, mais Pierre Ménat n’est pas fataliste : dans la grande confrontation qui se dessine, le Vieux Continent ne manque pas d’atouts. Son modèle demeure attractif, parfois même un peu trop à la lumière des flux migratoires irréguliers. Lire la suite
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