Février 2026 - n° 887

Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique

136 pages

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

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Revue Défense Nationale - Février 2026 - n° 887

Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique

Dans le chaos géopolitique que le monde connaît, où les foyers de guerre ne cessent de s’allumer et de s’étendre – de l’Ukraine à l’Iran – et que les crises s’aggravent – du Venezuela au Groenland –, décider dans l’incertitude stratégique devient un impératif vital pour nos États fondés sur la démocratie et les principes du droit. D’autant plus que l’hyperconnectivité du monde a vite fait d’alimenter la machine médiatique et d’enflammer les opinions publiques abreuvées d’une désinformation soutenue et abondante. D’autant plus que les puissances prédatrices et leurs dirigeants sans scrupule s’appuient sur l’image – même générée par une Intelligence artificielle (IA) – pour imposer un rapport de force au détriment du droit international et de la morale.

Notre défense garde en mémoire le terrible fiasco du printemps 1940 lorsque les chefs militaires et politiques étaient incapables, ne serait-ce que de connaître les positions de l’ennemi. Mal renseignés, les ordres arrivaient en retard et trop souvent inutiles. Aujourd’hui, à l’heure de l’explosion des données à analyser et de la révolution numérique appuyée par l’IA, décider puis commander avec le maximum d’efficacité opérationnelle sont des impératifs absolus pour l’autorité politico-militaire. Comprendre les mécanismes de décision et les mutations nécessaires qu’exigent les conflits d’aujourd’hui et de demain constitue ainsi la trame du dossier proposé ce mois-ci, avec une approche transatlantique particulièrement bienvenue au regard du trouble jeté depuis un an sur la relation entre les États-Unis et les membres de l’Otan. Comment commander sous la contrainte alors que le temps s’accélère ? Comment discerner la bonne approche alors que la guerre informationnelle est désormais une réalité permanente ? Comment adapter nos structures de décision quand tout est brouillé par l’incertitude subie ? Comment le retour d’expérience peut-il être nécessaire pour anticiper demain ?

Plus que jamais, dans un monde où la brutalité l’emporte sur la diplomatie et le multilatéralisme, quand l’hubris et l’ego deviennent le mantra de certains dirigeants, avides de recréer des empires ou des zones d’influence, la réflexion stratégique s’impose pour mieux appréhender les choix à faire avec nos partenaires et alliés. Dans la tourmente actuelle, la cohésion de l’équipage est indispensable. C’est aussi ce qui sera démontré du 24 au 26 mars avec la troisième édition du Paris Defence and Strategy Forum (PDSF) à l’École militaire. Un rendez-vous désormais indispensable pour mieux se préparer collectivement à affronter les désordres du monde d’aujourd’hui et de demain. ♦

Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Février 2026 - n° 887

Décision politico-militaire et commandement : repenser l’efficacité stratégique

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

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Tribune

19 février 2026

Ukraine/Russie : L’heure des bilans (T 1803)

Hugues Pernet

Ukraine/Russie : un bilan amer après quatre ans de guerre. L’Ukraine, héroïque mais exsangue, perd 20 % de son territoire et risque une crise politique post-conflit. L’UE, divisée et inefficace, se contente de réagir, laissant Trump dicter les termes d’une paix injuste. La France, malgré sa LPM, peine à s’imposer face à l’Allemagne et aux États-Unis, qui sortent gagnants en affaiblissant l’Europe. La Russie, bien que meurtrie, conserve une emprise sur l’Ukraine et renforce ses liens avec la Chine.

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Article gratuit jusqu'au 19 mars 2026

Florilège historique

« Problèmes actuels de l’approvisionnement en énergie - La révolution d’octobre 1973 et ses conséquences » (février 1974) par Pierre Desprairies

À la suite de la guerre du Kippour déclenchée le 6 octobre 1973, les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décidèrent d’augmenter massivement le prix du pétrole, en réaction au soutien américain à Israël. En l’espace d’un semestre, les prix sont multipliés par 4, entraînant de fait une crise économique dans les pays occidentaux, obligeant ceux-ci à revoir complètement leur politique énergétique. Pour la France, c’est le début de la fin des Trente glorieuses, avec une hausse du chômage. C’est à cette occasion qu’est lancé le plan massif de construction de centrales nucléaires par EDF.  Lire la suite

e-Recensions

Philippe Étienne : Le sherpa - Mémoires d’un diplomate aux avant-postes de l’histoire  ; Tallandier, 2026, 396 pages

Remarquez le cheminement de cet ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, titulaire d’une licence en mathématiques, qui a choisi la voie de la diplomatie après ses études. Sorti de l’École nationale d’administration (ENA) en 1980, celle de la prestigieuse promotion Voltaire (François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin et bien d’autres célébrités). Son stage à l’ambassade de Hongrie l’a inspiré à poursuivre sa carrière. Il a occupé des postes de premier plan au Département à Paris et à l’étranger, notamment à Bruxelles, où il a séjourné deux fois en tant que Représentant permanent adjoint, puis permanent auprès de l’Union européenne (UE), l’un des sommets de la diplomatie. Il a terminé sa carrière en 2023 à Washington en tant qu’ambassadeur après avoir dirigé l’unité diplomatique de l’Élysée, forte d’une douzaine de diplomates. Ce qui nous vaut sur de longues pages une description fouillée du travail des cabinets ministériels, du Quai d’Orsay et de Matignon. Notons que, à aucun moment, il ne mentionne des tensions entre la cellule diplomatique et l’État-major particulier (EMP) du président de la République. Il est vrai que, durant sa présence à l’Élysée, la guerre en Ukraine n’avait pas éclaté. Lire la suite

Eugène Berg

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Cahier numérique - novembre 2025 - 64 pages

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