Défense Nationale a publié l'an dernier au mois de mars une étude de Paul Giniewski sur « L'exode des Arabes palestiniens (1947-1948) » qui en exposait les origines historiques. Depuis, les négociations de paix israélo-palestiniennes de Camp David, de Washington, de Wye Plantation, de Taba et d'Elath ont remis la question des réfugiés à l'avant-scène en tant que composante, apparemment insoluble, d'un règlement définitif du contentieux. L'auteur étudie ici les aspects juridiques et politiques actuels du problème, à la lumière des événements les plus récents.
Libre opinion - Le « droit au retour » des réfugiés palestiniens
Le problème des réfugiés a été causé, essentiellement, par l’encouragement donné aux Arabes de Palestine par leurs chefs et par des dirigeants d’États arabes, de s’expatrier en attendant leur retour sur les ruines de l’État juif écrasé à sa naissance. De nombreux témoignages arabes concordants l’attestent et nous en citons un seul, les résumant tous : un entretien du poète palestinien Mahmoud Darwich avec Farouk Mardam Bey et Elias Sanbar, rédacteur en chef de la Revue d’Études Palestiniennes. Darwich relate comment ses parents s’étaient réfugiés de Palestine au Liban : « Pour mes parents, notre séjour au Liban était temporaire ; nous y étions en visite ou même en villégiature. On avait à l’époque commandé aux Palestiniens de quitter leur patrie pour ne point gêner le déroulement des opérations militaires arabes qui devaient durer quelques jours et nous permettre de réintégrer rapidement nos maisons. Mes parents découvrirent bien vite que ces promesses n’étaient que rêves ou illusions » (1).
Cependant, en dépit des responsabilités historiques ainsi établies, l’OLP et l’Administration palestinienne qui lui a succédé après les accords d’Oslo, n’ont jamais cessé d’en contester le bien-fondé, de rendre Israël responsable de la nakba (le désastre de 1948) et de revendiquer un droit au retour absolu, inaliénable et individuel des exilés dans leurs anciens foyers.
Examinons d’abord la validité alléguée de ce droit du point de vue juridique. Un droit est la faculté de jouir d’une chose, d’accomplir une action, de pouvoir en bénéficier. Sur quel fondement les
Palestiniens exigent-ils ce droit ?
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