Asie - Japon : la recette Koizumi
Le 26 avril, le Parlement japonais a, pour la onzième fois en treize ans, désigné un nouveau Premier ministre. En désignant « l’excentrique » (1) Junichiro Koizumi, le Parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir pratiquement sans interruption depuis 1955, cherche plus à retrouver un électorat qui lui faisait de plus en plus défaut, qu’à soutenir un véritable plan de réformes promises par le nouveau Premier ministre.
L’objectif premier est de sauver le parti d’une débâcle annoncée aux toutes prochaines élections à la Chambre haute. Alors que son prédécesseur, Yoshiro Mori, était devenu le chef de gouvernement japonais le plus impopulaire, avec 9 % d’avis favorables dans les sondages, J. Koizumi caracole à plus de 80 %. Pour l’instant, ce dernier, après avoir bousculé les habitudes des caciques de son parti, et donné un style nouveau à son gouvernement, n’a pas relancé l’économie moribonde de son pays. Si l’homme qui a fait campagne sur le thème de « Changeons le PLD, changeons le Japon ! » a séduit la population et les médias, il ne tardera pas à décevoir si ses promesses de réformes ne sont pas mises en application.
À l’exception de quelques mois, d’août 1993 à avril 1994, le PLD a toujours participé à la direction des affaires et presque toujours en position dominante, sauf de 1994 à 1996. Divisé en factions défendant des intérêts ou des ambitions personnelles, il s’est identifié à la classe politique au Japon de l’après-guerre dont le système reposait sur la collusion entre monde politique, bureaucratie toute-puissante et milieux d’affaires. Pratiquement le seul interlocuteur de ces derniers, le PLD dont l’histoire est émaillée de scandales politico-financiers et de très nombreuses inculpations pour corruption qui l’ont atteint parfois au plus haut sommet de sa hiérarchie, n’a pas su prendre en compte les profonds changements de la société. Depuis plus de dix ans, il n’a pu mettre fin à la stagnation économique qui s’est installée, en particulier celle de la consommation intérieure qui représente 60 % du PIB. De gouvernement en gouvernement, le seul remède a été une série de plans de relance, sous forme de chantiers lourds et coûteux, en puisant dans les caisses de l’État qui, à l’issue de l’exercice budgétaire 2000-2001 achevé le 31 mars, était endetté à hauteur de 130 % de son PIB, le taux le plus fort de tous les pays de l’OCDE. Le chômage a passé le cap des 5 %, ce qui est très élevé pour ce pays.
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