Asie - La Chine et l'Asie
L’année 2001 a été une bonne année pour la Chine : elle a obtenu l’organisation des Jeux olympiques de 2008 ; elle a enfin été admise dans l’OMC ; et, avec un taux de croissance de 7,3 %, elle caracole largement en tête des autres pays d’Asie victimes de la stagnation économique de leurs principaux clients que sont les États-Unis et le Japon, ainsi que des difficultés que connaît le secteur de l’informatique. Si la crise afghane a permis un relatif rapprochement sino-américain, le retour en force des Américains en Asie centrale et méridionale constitue un des principaux sujets de préoccupation pour Pékin qui en revanche marque des points en Asie du Sud-Est.
En Asie centrale
La crise afghane a permis aux États-Unis de s’implanter durablement non seulement en Afghanistan, mais aussi dans plusieurs pays d’Asie centrale où ils ont obtenu la mise à leur disposition de bases aériennes, c’est-à-dire dans autant de pays frontaliers de la Chine. Depuis l’effondrement de l’URSS, la Chine avait cherché à établir de bonnes relations avec les républiques musulmanes devenues indépendantes. Lorsque M. Li Peng fut réélu au poste de Premier ministre, en mars 1993, son premier voyage à l’étranger fut pour se rendre dans ces pays. L’objectif était de leur proposer une coopération économique qui les rendrait moins dépendants de la Russie, mais aussi de les avertir que Pékin ne pourrait tolérer que leur sol serve de base arrière aux séparatistes du Turkestan chinois (Xinjiang). Près d’un million d’Ouïgours, l’ethnie dominante du Xinjiang, la seule concernée par le mouvement indépendantiste, vivraient en Asie centrale. La Chine, la Russie et la plupart de ces républiques d’Asie centrale sont, depuis 1996, réunies dans le « Groupe de Shanghai » (1) dont un des objectifs majeurs est de coordonner la lutte contre les mouvements islamistes dans la région. À l’égard même des taliban, Pékin n’a pas manqué de gestes positifs. Plusieurs délégations chinoises ont fait le voyage de Kaboul pour, là aussi, proposer une coopération économique en échange d’un engagement de ne pas laisser des séparatistes ouïgours s’entraîner en Afghanistan. La première mission chinoise aurait pu, contre finances, examiner des missiles américains non explosés, lors des frappes de 1998. Pékin aurait enfin indiqué être prête à établir des relations diplomatiques une fois que l’Onu l’aurait fait.
La nouvelle position dominante de l’Alliance du Nord, soutenue par l’Inde et hostile au Pakistan, n’enchante pas Pékin.
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