Les perspectives ouvertes par le projet de loi de programmation 2003-2008 offrent une occasion exceptionnelle de repenser en profondeur l'organisation du ministère de la Défense, dans un contexte financier assaini et stabilisé, de manière à faciliter l'adaptation de notre outil militaire aux enjeux du XXIe siècle.
L'auteur de cet article préconise des évolutions de structure allant de la création d'un comité des chefs d'état-major permanent, sur le modèle du JCS américain, jusqu'au transfert aux trois états-majors d'armées et à l'EMA de services de programmes reconfigurés sur le modèle de la Simmad, en passant par la constitution, dans chaque armée, d'un corps unique de commandement et de direction.
Il recommande enfin la recherche de solutions innovantes pour le financement des coûts de transition vers ce nouveau modèle d'armées.
L’utilité d’un débat public sur la défense réside assurément dans la nécessaire prise de conscience par la communauté nationale des enjeux actuels de défense, mais aussi dans la connaissance par les militaires eux-mêmes du point de vue de leurs concitoyens sur leurs missions, leur métier, leur place dans la Nation.
Quelle doctrine ?
Ce débat est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que les moyens budgétaires consentis par la Nation, en dépit de conditions économiques difficiles, justifient la recherche d’un large consensus autour de notre effort de défense, de ses modalités et de ses buts. Répondre à cette préoccupation implique donc d’actualiser notre doctrine et de remettre à plat l’organisation de notre défense.
Le Livre blanc de 1994
L’actualisation de notre doctrine restait à conduire, après l’élaboration du Livre blanc de 1994 qui s’efforçait de tirer les conséquences de la chute du mur de Berlin. En dépit d’une ouverture utile sur les crises régionales, les actions de maintien de la paix, la projection de forces et la préservation d’une « base industrielle et technologique », ses rédacteurs n’étaient pas parvenus à produire un discours global substituable à notre doctrine classique de la dissuasion nucléaire « du faible au fort ».
Quelle doctrine ?
Le Livre blanc de 1994
La stratégie américaine
Actualiser la doctrine française
Front line first
Quelle organisation ?
La réorganisation du commandement
La réforme des arsenaux
Le système d’acquisition
Le soutien
Quelle gestion des ressources ?
Financer l’externalisation
Financer la transition
Gestion des ressources humaines
Conclusion