Revue des revues - International Affairs, octobre 2002 : « Opinions d’universitaires sur la défense »
La revue britannique publie un certain nombre d’articles sur les problèmes de défense dont les auteurs sont en grande majorité des universitaires britanniques ou américains. Le premier, Marc Weller, étant assistant Director du Centre des études internationales de l’université de Cambridge. Il étudie l’action du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Cour pénale internationale dont le statut a été adopté à Rome le 17 juillet 1998 pour entrer en vigueur le 1er juillet 2002. C’est la consécration d’une communauté internationale juridique avec des règles applicables à tous les États, malgré de fortes objections des États-Unis sur l’universalité de ce statut. La campagne américaine contre la Cour pénale internationale a pris plusieurs formes, dont, en décembre 2000, une déclaration du président Clinton selon laquelle les États-Unis ne ratifieraient pas le statut dans un avenir prévisible, et en août 2002 un ensemble de mesures excluant toute coopération avec la Cour. Le président W. Bush a très tôt annoncé que lui non plus ne ratifierait pas le statut. En transférant l’autorité judiciaire ultime sur les actions américaines dans un endroit échappant au contrôle des législateurs et officiels américains, la politique des États-Unis serait jugée sur des valeurs qui peuvent ne pas être américaines. Pourtant les États-Unis ont admis des applications extraterritoriales de juridictions, pour le général Noriega par exemple. L’article conclut qu’il a été fait une brèche dans la crédibilité du Conseil de sécurité de l’ONU et aux progrès de la loi constitutionnelle internationale au commencement du nouveau millénaire.
Cinq spécialistes de l’Otan, dont quatre d’universités britanniques et un à Harvard au Centre des études européennes, étudient le prochain élargissement de l’Alliance qui se heurte à un certain nombre de difficultés, après l’admission à Madrid des « trois de Visegrad » : République tchèque, Hongrie, Pologne. Il y a dix candidats et plusieurs façons de procéder à un élargissement comme de mener l’affaire. L’article conclut qu’il faut inviter au sommet de Prague de 2002 sept États pour devenir membres à la condition d’atteindre certains standards politiques, militaires, économiques, juridiques. La Croatie sera informée qu’elle sera invitée plus tard, l’Albanie et la Macédoine quand « leurs circonstances spéciales auront changé ». L’Otan doit apparaître non seulement comme une organisation de sécurité mais comme la seule.
Le troisième article, de Mark Kramer de l’université d’Harvard, étudie l’élargissement de l’Otan aux États de la Baltique et à la Russie dont il est un spécialiste. Pour lui, les trois pays Baltes sont les meilleurs candidats, mais ils étaient des États de l’Union soviétique jusqu’en août 1991. Encore récemment, la Russie s’opposait avec véhémence à leur admission à l’Otan. L’amélioration des relations russo-américaines a clarifié le climat. Les fonctions militaires de l’Alliance doivent être maintenues, mais il faut donner plus d’importance à l’aspect politique, sans donner de rôle privilégié à la Russie, dont les pays Baltes cherchent à s’affranchir. Les minorités russes restant tranquilles, il subsiste cependant des sources de tension du fait de pressions économiques, des ports russes tendant à détourner une partie du trafic pétrolier d’exportation. Récemment le ministère des Affaires étrangères russe a insisté sur le fait qu’en 1940 les pays Baltes avaient volontairement rallié l’Union soviétique. Cela, et d’autres points d’histoire, ont poussé les Baltes à rallier l’Otan, sans refléter la peur d’une agression immédiate. Pendant la guerre froide, l’Otan est apparue comme une communauté d’États démocratiques. L’établissement du Conseil de coopération Nord-Atlantique a permis aux anciens États communistes d’avoir des relations assez étroites avec l’Alliance et il a été suivi du Partenariat pour la paix. En septembre 1995, l’Alliance a fixé les critères d’appartenance pour les nouveaux membres : principes démocratiques, règlement des disputes de frontières. À Madrid en juillet 1997, a été créé le Conseil du partenariat euro-Atlantique. Ensuite, il y a eu le Membership Action Plan (MAP).
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