Dressant le bilan de l’activité du secteur de l’armement terrestre français, en forte baisse, le président du Gicat constate qu’il est dans une situation critique. Les perspectives européennes ne sont guère plus brillantes – demande peu structurée, offre morcelée, absence de volonté politique – alors que se déploie l’offensive américaine en Europe. Il convient que l’Europe mette en place une réelle stratégie qui repose sur le courage et la volonté politiques (politique d’acquisition-budgets). Il y a urgence.
L'industrie de défense terrestre européenne face à ses défis
Les matériels de défense terrestre regroupent l’ensemble des armements nécessaires aux armées de terre pour conduire leurs opérations. Le Groupement des industries concernées par les matériels de défense terrestre (Gicat) est le groupement professionnel qui rassemble la grande majorité des entreprises intervenant dans ce domaine. Elles sont aujourd’hui au nombre de 85, dont tous les grands maîtres d’œuvre et, pour plus de la moitié, des PME ; elles représentent 90 % de l’activité française de défense terrestre. Réalisant un chiffre d’affaires de 2,96 milliards (1) d’euros (dont environ 35 % à l’exportation) pour un effectif d’environ 18 000 personnes, elles se répartissent sur trois sous-secteurs :
• le segment terrestre comporte les industriels impliqués dans la réalisation des chars de bataille, des systèmes blindés lourds et légers, des véhicules tactiques et logistiques, des systèmes d’artillerie et des munitions classiques et de précision, des matériels du génie, des équipements d’aménagement du terrain, des moyens logistiques et de manutention… Il représente près de 45 % du chiffre d’affaires global ;
• le segment aéronautique regroupe les sociétés réalisant les systèmes de missiles, de drones et d’hélicoptères. Il intervient pour 18 % dans l’activité globale du secteur ;
• enfin, le segment électronique qui comprend les maîtres d’œuvre des systèmes de commandement, de renseignement et télécommunications, et les équipementiers qui fournissent des sous-ensembles et des composants pour tous les systèmes d’arme et systèmes d’information. Son poids est légèrement supérieur 36 %.
La situation du secteur
En 2002, l’activité du secteur a enregistré un recul de 4,2 %, du fait d’une très forte contraction des livraisons à l’exportation (- 21,2 %). L’activité sur le marché intérieur marque pour sa part une croissance de 8,5 %. Les prises de commandes enregistrent un recul important de 33,4 %, cette évolution à la baisse se constatant aussi bien en France (- 23,5 %) qu’à l’exportation (- 47,3 %). Le carnet de commandes diminue de 11,4 % tant en France (- 1,5 %) qu’à l’exportation (- 26,8 %).
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