La présence de l’Union européenne sur le terrain se pérennise et s’accentue. De nouveaux continents entrent dans sa zone de responsabilité. La cohérence de ses différents moyens d’action va en s’améliorant. En parallèle, on commence à reparler de l’identité européenne de sécurité et de défense, version otanienne de l’Europe de la défense.
L'Europe de la défense au second semestre 2004 : la dimension politique
Début juillet 2004, les Pays-Bas, de tradition atlantiste, ont succédé à l’Irlande, pays neutre, à la présidence de l’Union européenne, sans que le développement d’une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) plus autonome ne s’en trouve affecté. Il est vrai que la capacité d’influence de la présidence est limitée. On voit donc mal un pays dit atlantiste utiliser cette position institutionnelle pour nuire au projet d’Europe militaire. L’hypothèse est d’autant plus improbable qu’il existe depuis 1999 un consensus entre les États membres autour des principes. Les Pays-Bas eux-mêmes sont pleinement engagés dans la coopération visant à renforcer la PESD.
Le second semestre 2004 a confirmé les progrès opérationnels accomplis par l’Union. Deux nouvelles opérations traduisent une double évolution de la PESD, dans le domaine militaire et dans le domaine civil. L’opération Althéa en Bosnie-Herzégovine démontre que l’Union entend prendre en charge des missions militaires de plus grande ampleur que les précédentes. L’opération Thémis manifeste une volonté de diversifier les missions civiles de l’Union, puisqu’il s’agit non pas de maintenir l’ordre mais de conforter l’état de droit dans un pays tiers.
L’opération Althéa et la gestion militaire des crises
Althéa, opération militaire incluant une composante civile, est la plus importante menée dans le cadre de la PESD, tant sur le plan des missions que sur le plan des effectifs (7 000 hommes répartis en un état-major et trois task forces d’environ 1 800 hommes).
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