Les élections irakiennes du 30 janvier ont été mondialement saluées comme une avancée historique vers la démocratie. Kofi Annan a ainsi pu parler de « premier pas » ; Javier Solana de « courage et de détermination » ; José Manuel Durao Barroso de « message pour la liberté » ; et Jacques Chirac d’« étape importante ». L’analyse des résultats devrait pourtant contraindre l’observateur à plus de prudence et de circonspection. Au vu de ces derniers, on est, en effet, fondé à redouter une radicalisation des tensions inter et intra-communautaires dans un pays sur lequel plane désormais l’ombre de l’islamisme.
Politique et diplomatie - Irak : le syndrome balkanique ?
Le 29 janvier 2002, le président George Walker Bush déclarait que l’Irak faisait partie de l’« axe du mal ». Le 17 mars 2003, Washington et Londres retiraient à l’ONU, faute de majorité, leur projet de résolution autorisant une guerre. Le 9 avril 2003, Bagdad tombait. Deux ans après la chute de Saddam Hussein, les élections qui viennent d’avoir lieu permettent à Washington de justifier a posteriori une guerre menée ab initio en violation du droit international. Le scrutin irakien a également le mérite d’amorcer un dégel des relations diplomatiques entre Washington et Paris et une normalisation entre Américains et Européens. À l’occasion de sa tournée européenne, ces élections ont également autorisé George Bush à solliciter une « aide tangible » tandis que, prudemment, la France s’en tient à la formation des forces de sécurité et des hauts fonctionnaires.
Plus modestement, Tony Blair a réagi de manière modérée en déclarant : « Nous savons que ce n’est qu’un début ; mais nous savons aussi qu’il y a beaucoup de difficultés devant nous ».
Avec un taux de participation de 58 %, ces élections consacrent la rupture du triangle sunnite où, par peur ou par obéissance au comité des oulémas, l’on a refusé de voter.
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