À l’évidence, l’année 2005 a amené dans son sillage de nouvelles donnes sur l’échiquier palestino-israélien. M. Ariel Sharon a opté pour un gouvernement de coalition avec le parti travailliste afin d’assurer la mise en oeuvre de son plan de désengagement de la bande de Gaza, tandis qu’une nouvelle direction palestinienne a émergé, ayant l’approbation tant américaine qu’israélienne. Pourtant, l’analyse attentive des événements suscite autant de craintes que d’espoirs.
La nouvelle donne et les perspectives d'un règlement en Palestine
Le décès du chef historique du mouvement nationaliste palestinien, Yasser Arafat, en novembre 2004, n’a pas débouché sur le débordement généralisé que l’on craignait, ni sur une lutte pour le pouvoir entre les factions palestiniennes. Au contraire, le peuple palestinien a su surmonter le choc subi, suite à la disparition de son symbole et des circonstances qui l’ont entourée. Des élections présidentielles ont eu lieu le 9 janvier, sur le modèle de celles de 1996, sous les regards attentifs des observateurs internationaux. La décision de M. Marwan El Bargouti, emprisonné et condamné par Israël, de se retirer de la course à la présidence, avait permis au Fatah, le mouvement du défunt Yasser Arafat, de maintenir son unité derrière un candidat unique, Mahmoud Abbas, plus connu sous le nom d’Abou Mazen. Celui-ci tenait un discours appelant à la cessation de la « militarisation de l’Intifada », à la nécessité de mettre en ordre la « maison palestinienne » ainsi qu’à l’éradication du « chaos des armes ».
Par ailleurs, en confirmant le favori souhaité ouvertement par la communauté internationale, les Palestiniens ont également voulu mettre cette dernière face à ses responsabilités. En effet, le remplacement d’Abou Amar et l’élection d’une nouvelle direction palestinienne était depuis environ trois ans une condition sine qua non posée par le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, et reprise par le maître de la Maison-Blanche, George W. Bush.
Nouvelle approche et mêmes objectifs
Lorsqu’il a prêté serment devant le Conseil législatif palestinien (CLP), le 15 janvier 2005, le nouveau président de l’Autorité palestinienne (1) a déclaré : « Je dédie cette victoire, au nom de tout notre peuple, à l’âme et à la mémoire de notre éternel chef, le symbole de notre cause, Yasser Arafat ». En effet, la lecture des discours électoraux du candidat Abbas démontre qu’il cherche à obtenir les mêmes résultats que son prédécesseur : établissement d’un État palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale, règlement équitable de la question de réfugiés, etc. À l’instar du président défunt, il appelait Israël à faire la paix. « Nous tendons la main à nos voisins, et nous espérons que la réponse sera positive », avait-il annoncé, le 10 janvier 2005, en recevant des observateurs internationaux.
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