L’Armée de terre, n’en déplaise à d’aucun, sait où elle va et comment. S’emparant sans complexe du débat stratégique, rénovant la pensée militaire, elle s’attache avec résolution à trouver les voies et à acquérir les moyens de relever les défis posés par la nature changeante des conflits du XXIe siècle. Après une véritable révolution-refondation, sans pause, tout en participant à la quasi-totalité des conflits de ce début de siècle elle propose une doctrine d’emploi reposant sur les leçons apprises parfois durement en opérations et qui visent la meilleure synergie avec les autres armées Armée de l’air, Marine et Gendarmerie — mais surtout dans la grande et mobilisatrice perspective d’une Europe politique, pôle stabilisateur d’une planète à apaiser.
L'Armée de terre, fer de lance de la rénovation stratégique
Construire un discours sur la réalité stratégique contemporaine et ses incidences sur l’outil militaire français, ou même simplement sur l’état de nos armées et des réformes engagées est une tâche difficile, ne pouvant s’appuyer sur une quelconque approximation. Ainsi, le récent article de M. Mathonnière, dans cette même revue (1), qui s’interrogeait légitimement, « où (allait) l’Armée de terre », apporte des réponses un peu rapides, au regard des enjeux et des circonstances de l’environnement dans lequel elle évolue.
L’appréciation de l’auteur sur la situation de l’Armée de terre ignore trop souvent son évolutivité structurelle, l’ampleur de ses mutations sans équivalent dans l’administration, de son évidente recherche d’anticipation dans la réflexion sur notre avenir stratégique et de son impact sur l’emploi interarmées des différentes composantes de forces. Aussi, est-il nécessaire de rappeler quelques éléments pour une vision plus pondérée de l’état de nos forces terrestres, sans d’ailleurs chercher à en éluder les faiblesses.
L’ampleur des mutations de notre environnement international en termes de défense et de sécurité comme la nécessité d’une approche pluridisciplinaire de la résolution des conflits imposent aux armées d’aujourd’hui, et en l’espèce à l’Armée de terre, de s’approprier à nouveau le débat stratégique, sans l’accaparer, mais en osant y contribuer par la richesse de ses expériences et réflexions, décomplexées et ambitieuses. Commander en chef des coalitions multinationales avec le général Py, encore récemment en Afghanistan, et le général de Kermabon au Kosovo, commander une opération nationale significative en Côte d’Ivoire tout en soutenant une opération internationale ne peut pas, en effet, être le fait d’une armée comme décrite par l’article cité.
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