De janvier à juin 2005, le Conseil affaires générales et relations extérieures (Cagre) a maintenu la ligne en faveur du développement de la Politique européenne de sécurité et de défense... Il a entériné une bonne partie des réflexions qui lui ont été proposées par les organes de la PESD, notamment les conclusions adoptées à l’issue de sa session des 23 et 24 mai 2005.
Le Conseil affaires générales et relations extérieures (Cagre) au premier semestre 2005
En 2004, les conditions d’émergence de la défense européenne se sont améliorées. Les dissensions sur la guerre d’Irak ont été sinon surmontées, tout au moins fortement atténuées. Les Européens ont mis leurs querelles de côté et poursuivi leurs efforts en faveur d’une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Les relations transatlantiques se sont réchauffées, les alliés se rejoignant autour d’une impérieuse nécessité : stabiliser et démocratiser l’Irak.
S’il demeure de réelles différences, sur le rôle de l’ONU en Irak ou sur le passage de relais à l’autorité irakienne, la tendance au rapprochement s’est confirmée début 2005. Les États-Unis ont fait un pas en direction de l’Europe, le président Bush soulignant l’importance qu’il attache au partenariat avec l’Union lors d’une visite en Europe le 22 février 2005. Plusieurs déclarations sur des sujets aussi importants que le terrorisme et la non-prolifération, l’Afrique ou le Moyen-Orient, ont été adoptées à l’occasion d’un grand sommet entre l’Europe et les États-Unis, le 20 juin 2005. Paradoxalement, c’est au moment où les Américains semblent prêts à tolérer une certaine unification politique de l’Europe que le processus devant mener à l’Europe politique s’est enrayé. Au premier semestre 2005, l’Union européenne s’est trouvée empêtrée dans les difficultés liées à la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe. Le vote négatif des Français, le 29 mai, suivi quelques jours plus tard du rejet néerlandais, a modifié la donne. La mise en sommeil du traité porte un coup d’arrêt à la dynamique interne de l’Union. Quelles seront les conséquences pour l’Europe de la défense ? Les Européens sauront-ils rebondir et confirmer les progrès réalisés depuis 1998-1999 dans le domaine de la sécurité ?
L’analyse des travaux du Conseil affaires générales et relations extérieures (Cagre) est susceptible d’apporter des éléments de réponse. Ses réunions régulières permettent à l’Europe de la défense de progresser, étape par étape, comme sous l’effet d’un engrenage. S’il est difficile de s’entendre sur les grands projets politiques, ce que l’échec du traité constitutionnel n’a fait que rappeler, les petites avancées, mues par l’existence d’intérêts communs bien réels, restent toujours possibles.
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