La préparation psychologique aux missions militaires permet d'optimiser la sélection-orientation des personnels, de faciliter l'instruction et l'entraînement, de contrôler les réactions émotionnelles mais aussi d'aider l'adaptation aux groupes et à l'institution.
Science et défense - Recherches de défense en sciences biomédicales et humaines (II) Psychologie et sociologie militaires
Quelles que soient la puissance et la fiabilité des armes et des systèmes d’armes mis à la disposition du combattant, quel que soit le degré de son entraînement physique et de sa résistance physiologique, le facteur psychique demeure le noyau ultime qui peut faire basculer l’issue des combats. Ce facteur psychique s’exprime sur le terrain en termes simples : compréhension de la situation, capacité de s’adapter à des conjonctures critiques, résistance émotionnelle, solidarité avec le groupe des camarades, confiance dans les chefs, maintien du moral, volonté de résister et de vaincre.
Dans le programme de préparation du combattant à ses missions, ce facteur psychique doit être pris en compte à tous les niveaux : instruction civique et esprit de défense, sélection-orientation des personnels, instruction et entraînement (comprenant la maîtrise des réactions émotionnelles et l’entraînement à faire face à des situations critiques), adaptation au milieu militaire, à son mode de vie, à ses groupes et à l’institution militaire elle-même, politique sociale de gestion des personnels, enfin, et de maintien de leur moral.
On conçoit sans peine l’opportunité d’entreprendre et de poursuivre des recherches de défense en sciences humaines, appropriées à atteindre les divers objectifs de cette préparation psychique. Malgré leur spécificité « militaire », ces objectifs n’impliquent pas le recours à une « psychologie-sociologie militaire » radicalement différente des sciences humaines du secteur civil ou faisant appel à d’autres méthodes et moyens de recherches. Tout au contraire, va-t-on se référer à toutes les branches des sciences humaines existantes : neurophysiologie et psycho-physiologie (1), psychologie expérimentale et psychométrie, psychopédagogie, psychologie clinique ou pathologie, microsociologie des petits groupes, macrosociologie des faits sociaux, sociologie « compréhensive » enfin, appropriée à saisir le sens de l’institution et son rapport à la société globale. On ajoutera pour finir que l’avènement des moyens et des méthodes de l’informatique, ces dernières décennies, a permis de relancer la recherche en sciences humaines dans les armées, la rendant plus « objectivante » et plus « opérationnelle ».
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