L'auteur fait le bilan de l'élection présidentielle que vient de connaître le Salvador et en tire quelques conclusions.
Le Salvador après l'élection présidentielle de mars 1999
Le Salvador a connu, en mars 1999, la dernière élection présidentielle de ce siècle. Elle a été marquée par la victoire, le 7 mars au premier tour avec 51,96 % des suffrages exprimés, de Francisco Florès, candidat du parti Aréna au pouvoir depuis 1989. Ce résultat a, bien entendu, des conséquences politiques importantes. L’Aréna est parvenu à se maintenir à la présidence de la République après avoir surmonté une crise importante au lendemain des élections législatives et municipales de 1997 qui se soldèrent par une forte poussée de la gauche. Désormais, il s’agit de savoir comment ce mouvement politique parviendra à confirmer son orientation économique libérale avec une base électorale sensible à la défense de la souveraineté nationale, thème qui reste un élément fondateur de la nouvelle démocratie salvadorienne.
Le FMLN (Front Farabundo Marti de libération nationale), dont les objectifs étaient, ces derniers mois, de préserver les acquis des élections de 1997, a traversé, après mars 1999, une période de turbulences dont le moment le plus marquant a été la démission de la direction nationale, de Facundo Guardado, candidat à l’élection présidentielle de mars dernier. Ce parti n’a toujours pas réussi une synthèse entre sa ligne marxiste traditionnelle et une position sociale-démocrate.
Le nouveau chef de l’État assure la continuité de la politique menée à bien par son prédécesseur, Armando Calderon Sol : transformation de l’État, poursuite d’une politique d’ajustement structurel, renforcement des moyens de sécurité publique, amélioration de l’éducation. Il s’agit de rendre plus efficace l’État dans le rôle traditionnel qui lui est dévolu dans un pays où les problèmes d’insécurité durent et apparaissent toujours, aux côtés de l’emploi, comme la préoccupation première de la population. Cependant, malgré les bons résultats macroéconomiques, le Salvador connaît toujours des fragilités structurelles liées, notamment, à une dépendance des cours internationaux des matières premières, le secteur primaire occupant une place importante dans l’économie, et à la persistance des inégalités sociales. C’est pourquoi le président Florès a mis l’accent sur une politique en faveur de la recherche d’un progrès socio-économique, étape logique faisant suite à celle de la paix. Sans aucun doute, il cherchera par ailleurs à renforcer la coopération régionale, le développement ne pouvant que profiter à une interdépendance des économies centraméricaines.
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