Certaines régions, du fait de leurs caractéristiques physiques et humaines, échappent à la domination militaire américaine. Les adversaires des États-Unis, peuvent y mettre en échec un système fondé sur la suprématie informationnelle et y transporter la guerre dans les domaines économiques, financiers, de l’information et politique. Tenter de relever ce défi par l’accroissement de l’effort technologique pourrait engager les puissances occidentales dans un nouveau type de course aux armements.
Champs de bataille « hors limites »
Le 9 avril 2003, la chute de Bagdad marquait la fin de la conquête d’un pays de 27 millions d’habitants, par une armée de moins de 300 000 hommes. Cette campagne conclue en 21 jours, avec des pertes humaines très faibles (157 morts), démontrait que les forces armées américaines avaient acquis une maîtrise de l’art de la guerre, rarement atteinte dans l’histoire, et sans égale dans le monde d’aujourd’hui.
Certes, le terrain était plutôt favorable et l’adversaire peu combatif, mais considérant les moyens engagés, aussi bien que les doctrines et les organisations qui permettaient leur mise en œuvre, nul ne pouvait nier que la « révolution dans les affaires militaires » ou RMA (1), entreprise au début des années 90, avait porté des fruits. Les réformes avaient atteint un stade de maturité qui confortait la position hégémonique des États-Unis pour de nombreuses années. Pourtant, c’est au même moment qu’est apparue sous la plume de Barry R. Posen, professeur en sciences politiques au Massachusetts Institute of Technology (MIT), un nouveau terme stratégique, désignant les aires géographiques où cette puissance militaire trouvait ses limites : les « zones contestées » (2).
En partant de la définition que lui donne son auteur, nous nous proposons d’approfondir cette notion. Pourquoi la contestation de la supériorité militaire se développe-t-elle plus particulièrement dans certaines zones ? N’est-elle que la forme contemporaine d’un invariant stratégique ou, au contraire, contient-elle une véritable rupture ? Comment les États-Unis se préparent-ils à relever ce défi ? C’est à ces questions que nous allons tenter d’apporter des réponses.
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