Institutions internationales - Des capitulaires inadaptés pour la francophonie - Un synode européen pour un constat politique ?
Comme ce fut le cas pour le printemps dernier, cet été s’achève dans le bruit des armes. Il nous offre une scène ordinaire de la vie internationale sous l’égide des Nations unies : en mai, l’Onu décide de parrainer un référendum concernant l’indépendance du Timor-Oriental ; en juillet, elle est avisée des menées répressives que préparent les forces indonésiennes en cas de victoire des indépendantistes ; le 30 août, les Timorais votent à 78,5 % pour leur liberté. Aussitôt armée et milices indonésiennes traquent la population ; Mme Albright, le miel aux lèvres, affirme qu’il revient au régime de Djakarta de rétablir le calme ! Moralité : l’ordre règne à Varsovie… ensuite vinrent les licteurs de l’Onu !
Des capitulaires inadaptés pour la francophonie
Le dernier sommet de l’Organisation internationale de la francophonie s’est tenu début septembre à Moncton, au Canada. Il y a été moins question des problèmes afférents à la communauté de langage qu’à ceux ayant trait aux droits de l’homme. C’est dans l’air du temps, sinon dans l’ordre des valeurs qu’est chargée de propager l’Organisation francophone. Afin que nul n’en doute, les autorités canadiennes avaient permis à des ONG de tenir un sommet « alternatif » (1) à proximité. Cela aussi nous vient des vents dominants, la logomachie des ONG s’apparentant trop souvent à celle des sectes. À preuve cette assertion de Reporters sans frontières : « Ce sommet n’a aucun but. Il est inutile à l’égard des droits de l’homme. C’est un gros zéro » (sic). La langue française est faite de nuances, non celle que pratiquent les ONG, comme on le constate.
À Moncton, l’exception culturelle a donc cédé la place au verbalisme politique. Le président Chirac l’a admis : « La francophonie est devenue plus politique et, à ce titre, elle met en œuvre un observatoire de la démocratie. Cela nous permettra d’observer, comme un médecin observe un malade, la maladie d’une société ou d’un peuple ». On va donc disséquer, mais va-t-on pour autant guérir ? car la francophonie n’est en rien le conservatoire de la démocratie et encore moins son gendarme !
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