Diplomatique - La politique américaine - Rapprochement des thèses britannique et américaine sur l'Extrême-Orient - Embargo sur les produits stratégiques à destination de la Chine - Rumeurs de paix sur la Corée - Vers un accord en Iran ? - Controverse sur la Sarre
Le mois de mai fut, aux États-Unis, l’occasion d’une controverse publique entre le général MacArthur et les chefs responsables (militaires et politiques) des États-Unis. Sans doute, les « hearings » de la Commission sénatoriale d’enquête furent-ils en partie censurés. Il n’en est pas moins vrai que les comptes rendus de ces séances quotidiennement livrés en pâture à l’opinion publique américaine et mondiale, constituent à un moment où les deux camps opposés dans l’arène politique mondiale livrent une bataille diplomatique serrée, un phénomène assez particulier.
Le 4 mai, le général MacArthur commença sa déposition devant la Commission sénatoriale. L’exposé de ses vues stratégiques confirme l’interprétation que nous en donnions, avant la lettre, dans une précédente chronique. Pour lui, les États-Unis, qui constituent dans le présent la seule force militaire en état d’être immédiatement utilisée contre une action soviétique, devraient éventuellement préférer « un isolationnisme militant » à toute politique d’apaisement que leurs alliés voudraient leur faire adopter. Si les États-Unis appuyaient leurs décisions politiques (tenir Formose [NDLR 2026 : Taïwan] à l’abri de toute tentative d’occupation communiste ; ne pas admettre la Chine de Pékin aux Nations unies) par « une pression limitée » sur la Chine (blocus maritime de la Chine y compris Port Arthur) le Gouvernement Mao Tsé-toung serait rapidement amené à la raison, l’URSS ne devant pas intervenir aux côtés de son allié.
Après trois séances d’une déposition qui ne tourna pas toujours à son avantage (MacArthur dut reconnaître implicitement qu’il avait outrepassé les ordres des Chefs d’état-major en envisageant le bombardement des bases chinoises en Mandchourie après un ultimatum demandant l’acceptation de ses termes d’armistice), le général Marshall, ministre de la Défense, succéda, le 7 mai, devant la Commission sénatoriale d’enquête, à l’ancien commandant en chef des Forces des Nations unies.
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