Auteur : Paul Charon

Docteur. Directeur du domaine Renseignement, Anticipation et Menaces hybrides de l’Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Irsem).

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N° 842 Été 2021 - Renseigner au XXIe siècle : hier ne meurt jamais ? - p. 7-10

Introduction - Renseigner au XXIe siècle : permanences et « surgissement du nouveau » - Paul Charon

Le monde a changé ! Cette formule, aussi lapidaire qu’absolue, est désormais l’un des topos des études de renseignement. On ne compte plus en effet les essais et ouvrages académiques qui placent le bouleversement de notre environnement sécuritaire au cœur de leur analyse des services de renseignement. Après l’effondrement du bloc socialiste et la brève période d’euphorie démocratique qui a suivi, les attentats du 11 septembre 2001 marqueraient l’entrée dans le XXIe siècle. Au monde de la guerre froide, caractérisé par la lutte idéologique et le contre-espionnage, aurait succédé la « guerre contre la terreur » (War on Terror) menée contre des acteurs non étatiques usant de ruses et de stratégies asymétriques. On ne saurait nier, évidemment, la violence du trauma, la puissance symbolique et la portée géopolitique du 11 septembre pour la société américaine comme au-delà. Les stratégistes d’un pays aussi éloigné – et indifférent au sort des États-Unis – que la Chine ont puisé dans le 11 septembre des ressources pour renouveler leur pensée sur la guerre. La puissance de l’événement se lit encore dans la production d’un matériel narratif presque inépuisable pour la littérature et le cinéma. D’Art Spiegelman (In the Shadow of No Towers) à Don DeLillo (Falling Man) en passant par Jonathan Safran Foer (Extremely Loud and Incredibly Close) et John Updike (Terrorist) le 11 septembre a nourri l’imaginaire de nombreux auteurs qui ont tenté de saisir le sens de ce cataclysme ou de dessiner les linéaments du monde nouveau. Lire la suite

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