4e campagne d’essais pour la FDI Amiral Ronarc’h
© Marine nationale
La première Frégate de défense et d’intervention (FDI) a entamé depuis le 25 mars sa 4e campagne d’essais à la mer, depuis le port de Lorient, en vue de finaliser durant cette navigation la mise au point de son système d’armes. Cette campagne devrait durer plusieurs semaines avant une entrée en bassin pour d’ultimes finitions. La livraison à la Marine nationale est prévue au cours du prochain semestre avec le ralliement de la FDI Amiral Ronarc’h à son futur port d’attache, Brest.
La découpe de la première tôle a eu lieu le 24 octobre 2019 avec une mise sur cale le 16 décembre 2021. Sa mise à flot est intervenue le 7 novembre 2022 pour son achèvement avec notamment la mise en place de son mât radar intégré avec le central opération, le Panoramic Sensor and Intelligence Module (PSIM) qui constitue une des nouveautés du concept des FDI avec aussi son étrave inversée. Cette forme innovante a déjà démontré son intérêt en mer formée.
La première phase d’essais a eu lieu à partir du 7 octobre 2024, depuis Lorient, deux autres campagnes ayant eu lieu par la suite, permettant la validation de l’ensemble des équipements embarqués.
La deuxième FDI destinée à la France, l’Amiral Louzeau, a eu sa première tôle découpée le 12 juillet 2023 et est en cours d’assemblage dans la cale du chantier de Naval Group. Elle sera réceptionnée en 2027, tandis que la troisième, l’Amiral Castex, voit ses blocs en cours de construction pour une livraison en 2028. Deux autres FDI sont prévues, l’Amiral Nomy en 2031 et l’Amiral Cabanier en 2032.
Naval Group prépare également les 3 FDI commandées par la Grèce et dont le premier exemplaire, le Kimon, doit débuter ses essais à la mer d’ici cet été, une quatrième FDI étant toujours en option. Le Kimon sera la deuxième FDI à entrer en service, avec un armement plus important que ses homologues françaises.
Par ailleurs, plusieurs prospects sont envisagés, dont la Norvège qui doit choisir un nouveau programme de frégates, pour remplacer l’actuelle classe Nansen, construite en Espagne et admise au service actif entre 2006 et 2011 et dont une des 5 frégates avait coulé à la suite d’un échouage en novembre 2018.
De plus, le format actuel de la Marine nationale avec 15 frégates de premier rang (en incluant les frégates de la classe La Fayette (FLF), dont 3 ont bénéficié d’une importante modernisation entre 2021 et 2023), se révèle beaucoup trop juste au regard des missions actuelles et futures, même si la marine, en utilisant le principe du double équipage, a su optimiser le rendement des frégates du type Frégates multi-missions (FREMM) dont la disponibilité à la mer est à souligner. D’où un intérêt reconnu par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, de se doter de 3 frégates supplémentaires du type FDI, avec un armement renforcé. L’objectif est de revenir à un format de 18 frégates, contre 15 actuellement. Les arbitrages sont en cours dans le cadre de la révision de la Revue nationale stratégique (RNS) et dont les travaux doivent être connus au cours de ce printemps. Affaire à suivre…
Publié le 02 avril 2025
Jérôme Pellistrandi