Faits et dires
* Nos frontières orientales sont menacées par un autre membre de l’Alliance, à savoir la Turquie. Le respect de l’intégrité territoriale de la Grèce fait partie des responsabilités de l’Alliance.
Le Premier ministre grec Andréas Papandréou,
à Bruxelles, le 8 décembre 1981
* À Bruxelles, les 15 pays membres de l’Alliance atlantique, y compris pour la première fois la France, ont réaffirmé leur décision de déployer de nouveaux missiles à moyenne portée en Europe si les négociations américano-soviétiques de Genève échouent.
Le secrétaire général de l’Otan Joseph Luns,
le 11 décembre 1981
* On ne peut s’absenter du monde où nous sommes, se comporter en spectateurs. Allemands, Français, Européens, nous sommes appelés, pour le meilleur et pour le pire, à rester acteurs de l’histoire. Je voudrais convaincre notre vieux continent qu’il a beaucoup de raisons de continuer à croire en lui-même et d’abord en veillant à sa sécurité.
Le président François Mitterrand,
interview à Ouest-France, le 21 décembre 1981
* La France est un partenaire plein et Fidèle de l’Alliance atlantique. Toutefois, sa dissuasion nucléaire, ses forces armées, l’originalité de sa politique extérieure Nord-Sud en font un pays réellement indépendant.
Le ministre de la Défense Charles Hernu,
à Villeurbanne, le 27 décembre 1981
* Un pays comme la France sait depuis plus de 1000 ans que l’histoire appartient aux peuples courageux et qu’habite l’amour sacré de la patrie. C’est pourquoi, dans le cadre de notre alliance, nous devons assurer nous-mêmes notre défense.
Le président François Mitterrand,
message de vœux du 31 décembre 1981
* Tout ce qui permettra de sortir de Yalta sera bon, à la condition de ne jamais confondre le désir que nous en avons et la réalité d’aujourd’hui.
Le président François Mitterrand, ibidem.
* Les peuples ont le droit et même le devoir de protéger, à l’aide de moyens appropriés, leur existence et leur liberté contre un adversaire injuste.
Le pape Jean-Paul II,
message du 1er janvier 1982
* Les nations occidentales sont convenues à Yalta, en 1945, de se partager l’Europe en zones d’influence, et toute tentative pour modifier cet équilibre pourrait entraîner la guerre.
Le chancelier Helmut Schmidt,
au New York Times, le 3 janvier 1982
* À la suite de cette attitude de la Grèce, le Comité des plans de défense de l’Otan a dû se séparer sans avoir pu se mettre d’accord sur le communiqué final, et cela pour la première fois dans l’histoire de l’Otan.
* Sondages : l’Agence des communications internationales américaines a réalisé début décembre 1981 un sondage dans 6 pays de l’Alliance atlantique. Il en ressort que peu de gens croient à l’avantage soviétique dans le domaine des missiles de portée intermédiaire en Europe.
D’autre part le magazine Stern a publié le 10 décembre un sondage d’où il ressort que 54 % des Allemands de l’Ouest sont catégoriquement opposés au déploiement de nouveaux missiles américains en Europe. 23 % approuvent la position du gouvernement de Bonn, favorable à ce renforcement de l’Otan en cas d’échec des négociations de Genève.