Notes de lecture - Économistes et militaires - Réflexions sur des travaux de préparation du VIIIe plan
Les rapports entre économie et défense sont un des sujets favoris de la revue, surtout depuis que le Premier ministre, M. Raymond Barre, a posé le problème, en septembre 1976, dans son discours d’ouverture de la 29e session de l’Institut des hautes études de Défense nationale (1). Assez récemment, dans le numéro de janvier 1980, le professeur Christian Schmidt étudiait comment l’analyse économique pouvait apporter son concours à la décision stratégique, ce terme étant entendu dans son sens étymologique, donc militaire. Il en concluait que la collaboration des économistes aux décisions de défense ne devait pas être épisodique mais régulière, pour se révéler fructueuse.
Deux travaux préparatoires au huitième plan posent le problème inverse, celui de la participation des militaires aux réflexions des économistes. On constate en effet que ces travaux prennent en compte des problèmes de relations internationales débouchant sur ce que leurs auteurs appellent des « ruptures », c’est-à-dire des conflits, voire des conflits armés. La logique inhérente à ces analyses conduit à y incorporer des phénomènes qui ne sont pas seulement économiques, et à reconnaître que le monde est régenté par des forces extrêmement variées.
Le premier de ces travaux, publié par la Documentation française, est un petit volume de deux cents pages intitulé : « Demain la France dans le monde », contenant le rapport d’un groupe animé par M. Jacques Lesourne, entre mars et novembre 1979. Il commence par constater qu’il convient de tenir compte de l’environnement international de la France en raison des « interdépendances multiples qui se tissent entre le développement interne de chaque nation et le contexte mondial ».
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