Manifeste des officiers généraux constituant la préface du Livre blanc de l’armée française en Algérie
Officiers ayant servi en Algérie de 1954 à 1962, en notre nom et au nom de tous les hommes que nous avons commandés, morts et vivants, nous voulons apporter notre témoignage sur le rôle de l’armée à cette époque. Cela dans le double but de dépassionner les débats et de rétablir la vérité historique, masquée aussi bien par les provocations que par leurs exploitations médiatiques.
Nous tenons d’abord à affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en l’Algérie ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture, d’assassinat, de crimes idéologiquement voulus et méthodiquement organisés. C’est cela la vérité et non le contraire. Le minimum de justice que l’on doit à tous les innocents massacrés, c’est de ne pas confondre l’ordre des victimes et des bourreaux.
En moins de 25 ans, notre génération de soldats a été engagée, au cours des guerres de 39-45 et d’Indochine puis dans le conflit algérien, dans la lutte armée contre les deux plus abominables et meurtrières idéologies que l’homme ait connues : le nazisme et le marxisme.
À travers cet engagement payé du sang ou de la vie de beaucoup des nôtres, notre idéal d’officier a été de défendre la personne humaine, ses libertés, sa totale dignité, son absolue sacralité et cela d’abord chez les plus faibles et les plus démunis : les enfants, les femmes, les populations civiles, innocentes, sans armes et sans défense, cibles toujours désignées de nos adversaires.
Il a fallu l’ouverture des camps d’extermination et des goulags, les génocides du Cambodge et les boat-people, les massacres toujours actuels opérés par les terroristes algériens, ceux des maquis comme ceux au pouvoir, pour que se déchire le voile des propagandes et que se révèle à nos contemporains la malfaisance de ces idéologies.
C’est notre fierté et notre honneur de soldats d’avoir lutté contre elles ; et rien n’est plus opposé à notre engagement que leurs crimes : tortures, viols, égorgements, massacres collectifs, horreurs sans nom et destructions systématiques.
En Algérie, autant que par ses opérations militaires, l’armée a caractérisé d’abord son action par un considérable et original travail de pacification, assuré directement par elle ou garanti par sa présence : enseignement dans les écoles et formation des cadres, soins et préventions des maladies, constructions et travaux publics, exercice des droits civiques et des libertés fondamentales…
En Algérie, l’armée française s’est trouvée aussi confrontée à une forme de guerre radicalement nouvelle, directement issue de la pratique marxiste-léniniste. Celle-ci consiste en particulier à prendre en otage la population civile et à la mettre en première ligne. Non seulement elle ne distingue plus les combattants des civils, mais elle contraint par la terreur les civils à dissimuler, protéger, assister les combattants et à les faire adhérer à la cause de leurs bourreaux.
Face à cette menace mortelle, les autorités politiques ont confié à l’armée la charge de réduire l’adversaire et de protéger la population par tous les moyens et dans les délais les plus brefs. Sans aucune autre directive, l’armée française a mené son combat avec une totale efficacité dans l’honneur et la dignité. Certains pendant la bataille d’Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables ou accepter la mort certaine d’innocents. S’il y eut des dérives, elles furent marginales et en contradiction même avec les méthodes voulues et les objectifs poursuivis par la France et son armée ; alors que c’est au nom même de leurs principes de guerre que les terroristes et même les combattants du FLN mutilaient et massacraient par l’attentat et l’assassinat femmes, enfants, population civile tant algérienne qu’européenne.
Les enjeux du débat d’aujourd’hui dépassent largement ceux d’une simple page controversée de notre histoire. La question en effet demeure au-delà des polémiques : face au terrorisme, au chantage, aux mafias de toutes sortes, quelles armes la démocratie veut-elle employer pour défendre ses citoyens ? Quelles solutions pour ne pas laisser grandir sans fin le nombre des victimes ? Qu’est-ce que garantir les droits de l’homme, si c’est l’innocent désarmé qu’on laisse détruire et le coupable que l’on préserve. C’est de notre avenir qu’il s’agit. Celui-ci ne peut se construire, ni en reniant l’exemple des aînés, ni en refusant les leçons de l’expérience, ni en laissant le prisme de l’idéologie déformer notre passé et donc notre jugement.
Tel est le message que nous adressons à tous nos compagnons d’armes qui à ce titre ont tous droit à notre considération et par delà à tous nos concitoyens. La paix, la sécurité et la liberté sont des biens rares et précieux ; ce sera demain comme hier le rôle de l’armée de les garantir.
Liste des 490 officiers généraux signataires du manifeste (1)
Généraux d’armée, anciens chefs d’état-major des armées (CR) : Jean SAULNIER, Maurice SCHMITT
Général d’armée, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air (CR) : Vincent LANATA
Amiral, ancien chef d’état-major de la marine (CR) : Alain COATANEA
Généraux d’armée - armée de terre (CR) : Jean COT, Bernard de DINECHIN, Michel FENNEBRESQUE, Michel GUIGNON, Bertrand de LA PRESLE, Philippe MORILLON, Pierre de PERCIN
Général d’armée - gendarmerie (CR) : Gérard CHARLOT
Généraux d’armée - armée de l’air (CR) : Théodore MAHLBERG, François MERMET, Roger PESSIDOUS
Généraux de corps d’armée - armée de terre (CR) : Marc ANGLARD, Paul ARNAUD de FOÏARD, Eugène AUDREN, Pierre AUMONIER, Georges BAFFELEUF, Guy BARASCUD, Marcel BIGEARD, Albert BILLARD, Daniel BILLOT, Alain BIZARD, Jacques BLEY, Raymond BOISSAU, Jean-Louis BRETTE, François CANN, Dominique CHAVANAT, Noël CHAZARAIN, Pierre CROUSILLAC, Pierre DEWATRE, Michel FRANCESCHI, Yves GABON, Robert GASTALDI, Jacques GENEST, Bernard GILLIS, Jacques GUICHARD, Paul HANRION, Louis d’HARCOURT, Jacques JULIEN de ZELICOURT, Guy LE COZ, Guy LEBORGNE, Jacques LECLERC, Jean-Marie LEMOINE, Georges LONGERET, Robert MOLINIER, Michel NOEL du PAYRAT, Georges PORMENTE, Jehan-René POUDELET, Etienne RENARD, Robert RENIER, Albert REUL, Xavier de REVIERS, Jean REVILLON, Jean ROBERT, Guy de ROCHEGONDE, Yann ROUSSEAU-DUMARCET, Jean-Louis ROVE, Jean SALVAN, Jean-Pierre SENGEISEN, André SUBRA, Jean VAUJOUR, Jacques VIDAL
Généraux de corps d’armée - gendarmerie (CR) : Jean-François SARDET
Généraux de corps d’armée - armée de l’air (CR) : Pierre BIRDEN, Jean-Pierre DUVIVIER, Nicolas FEVRE, Michel FORGET, Jean GRENET, Louis GROUILLER, Elie HUMBERT, Jean MAFFRE, Bernard NICOLAS, André ORTOLO
Vice Amiraux d’Escadre (CR) : Jean ACCARY, Bernard KLOTZ
Généraux de division - armée de terre (CR) : Yves ANDRE, Bertrand de BAILLENX, Jean-François BARTHE, Michel BOILEAU, Robert BOULE, Jacques BRESSON, J.C. de BRESSY de GUAST, Alain BROSSEAU, Mathieu CECCALDI, Bruno CHAIX, Bernard CHEVALLEREAU, Bernard COLCOMB, Michel COTTEREAU, Alain CURE, Pierre DAVID, Pierre DEPOILLY, Serge DOUCERET, Henri DUBOUCHET, Jacques DUQUENOY, André FAYETTE, Jean-Claude GAUTIER, Daniel GAZEAU, Guy HARDY, Arnaud IMBERT de BALORRE, Michel JAUQUET, Antonio JEROME, Alain JOUSLIN de NORAY, Michel JOUSLIN de NORAY, Clément de LA RUELLE, Alain LACAPELLE, Arthur LE LIEVRE de la MORINIERE, Michel LORIDON, Edouard LOUSTALOT-FOREST, Bernard MAIRAL, Yves MENARD, Jean-Marie MOREAU, Gérard MOREL, Claude MOUTON, Claude PERROT, Emile PHILIP, Max ROBERT, Daniel ROUDEILLAC, Bernard SCHLAGDENHAUFFEN, Claude SOLANET, Dominique SROMBONI
Généraux de division - gendarmerie (CR) : Pierre DEVEMY, Michel DROUARD, André ROUET
Généraux de division - armée de l’air (CR) : Jean ANQUETIL, Roger ANTIPHON, Henri de COINTET, Antoine DUMAS, Jacques GAUDART, Jacques GUIN, Georges LACAZE, Denis LETTY, Jean-Claude PARIZE, Jean-Pierre PIRONNEAU, René ROUAULT, Jacques SOLLEAU, Michel de TOUCHOT, Roger UHRIG, Jean VEDRINE, Louis FUZEAU
Vice-Amiraux (CR) : Cyril HERBOUT, Marcel LE CICLE, Michel MOLLAT du JOURDIN
Généraux de brigade - armée de terre (CR) : Gilbert ALLOUIS, Michel AMBLARD, Jacques AULAGNE, André AUROUSSEAU, Serge AUZANNEAU, Georges AYMARD, René BACHELARD, Arnaud de BAILLENX, François BALDACCHINO, Paul BARIETY, Jean-Pierre BARTHELEMY, Robert BASSAC, Robert BASSET, Jean Antoine BATTISTELLI, René BAULAIN, Jean-Marie de BAZELAIRE de LESSEUX, Louis BEAUDONNET, Marc BEAUMONT, Franck BEAUPIED, Yves de BELLOY, Max BERTHIER, Henri BERTRAND, Robert BESSON, Claude BICHON, Bernard BIGOTTE, René de BIRE, Jean-Claude BIZET, Roland BOCK, Hervé de BODIN du GALEMBERT, Guy BOUCAUD, Jean-Jacques BOUGEROL, Michel BOURDIN, Yves BOURGUIGNAT, Jean BOUSQUET, Jacques BOUTEILLE, Maurice BRENAC, Bernard de BRESSY de GUAST, Yves BRETEAU, Jean BRUN, Raymond BURGY, Jean BUSSY, Jacques BUTEL, Joseph CANAL, Jean CARALP, Jacques CASSAGNE, André CAZEAUD, François CELLERIER, Paul CERBELLE, Raymond CHABANNE, René CHAMPANHET, Christian CHARLET, Marc CHARPY, Jean CHARTIER, André CHOFFEL, Jean-Marie CHOTIN, Gabriel CLAVIER, Jean-Louis CLOUET des PESRUCHES, Hubert CLUSET, Hervé de COATPONT, Pierre COLLIGNAN, Jean-Gabriel COLLIGNON, André COLOT, Romain COSSE, Paul COUILLAUD, René COULON, Bruno COURTOIS, Jean Louis CRESPIN, Robert CRESSENVILLE, Bernard CROLY-LABOURDETTE, Jean CUSIN-GOGAT, Freddy DAMLAIMCOURT, Michel DANET, Emmanuel DAUFRESNE, Jean DAVID, Jacques DEBARGE, Pierre DECORSE, Bernard DEGENNE, Jean-Claude DELABIT, Jean DELARBRE, Georges DELCLEVE, Remi DELPIT, Jacques DERRIEN, Michel DIDIER, Pierre DORLENCOURT, Claude DOTTE, Guy DOTTE-CHARVY, Claude DOUSSINEAU, Roland DUBOIS, Yvan DUJON, Albert DUPONT, Bertrand DUPONT de DINECHIN, Jean DUPUIS, René DUPUIS, Pierre DURAND, Jacques DURRANDE, Yves DUVAL, Gildas DYEVRE, René ERNOULD, Pierre EYRAUD, Maurice FAIVRE, Guislain FAIVRE, André FAURE, Jean Louis FAVEROT, Pierre FAYOLLE, Emmanuel de FOLLIN, Louis FONDVILLE, Raoul FORCIN, Bernard FORRER, Jacques FOUILLAND, Pierre-Marie FOUILLAND, Antoine FOUQUES DUPARC, Jean-Louis de FRANCE, Jean FREDON, Robert GAGET, Camille GAMACHE, Bruno GARDEY de SOOS, Pierre GARY, Henri de GATELLIER, Yves GAUQUELIN, Alain GAUTIER, Bernard GENESTIER, Paul GERMAIN, Antonin GILBERT, Claude GIRARD, Jean-Joseph GIRARD, Robert GOESTER, Philippe GOMART, Martin GOT, Hubert GOUTTENOIRE, Pierre GRAFF, Germain GRAFF, Robert GRANGER, Jean-Claude GROLIER, Philippe GUILBAUD, Pascal GUILLEMET, Jean-Claude HAMEL, Guy HAUTEFEUILLE, Roland HERVE, Serge HOUOT, François JACQUOT, Edmond JEANCOLAS, Alain JUDDE de LARIVIERE, Max JULLIEN, Jacques KANDEL, Jean KIEFFER, Jean KIRSCHER, Alexis LA BATIE, Maurice de LA ROQUE, Philippe LAFONT, Jean LAIRE, Michel LAJOUANIE, Gérard de LAJUDIE, Hervé LALES, Alain LAMBALLE, Louis de LAMBILLY, Philippe LANDART, Jacques LANGLOIS, Jacques LAROCHE, Dominique de LAROUZIERE, Michel LAVEDRINE, Marc de LAVERNETTE, Jean LE THIEC, Bernard LEDRU, Jean LEGER, Jean LEMOINNE, Joseph LEONARDI, Claude LEPROUST, Pierre LEROMAIN, Michel de LESSAN, Marcel LETESTU, Jean LIEGE, René LONGUEVAL, Jean LORMEAU, Joël MANIN, René MANIQUANT, Jacques MARCOUT, Jean-Marie MARTINOT, Pierre MARY, Fernand MASINI, Maurice MATHIOTE, Gilles MEHU, André MENGELLE, François MEYER, Maurice de MONTLEBERT, Jean MOREAU, Robert MOTTE, Michel MOULIN, Jean-Louis de MOULINS BEAUFORT, Georges MOURAUD, Gérard MOURET, Paul MOURIER, Jacques MUTIN, Jacques MUZI, René NABEC, Raymond NICAISE, Jean-François PACHABEYIAN, Jean-Paul PAGNI, Marcel PARTY, Philippe PATRICOT, Pierre PATUREL, Jean PECHINOT, Michel PERAUD, Guy PERET, Jacques PERRY, Jean-Pierre PETIT, Jean PICHOT-DUCLOS, Jack PICOT, Jacques PIGEAUD, Henri PILLOT, Christian PIPART, Marcel POIRIER, Bernard POIRIER, Jacques PONS, Eugène POSTIC, Antoine de POUILLY, Guy de PREMARE, Pierre PRESTAT, François PRIGENT, Jean PRUD’HOMME, Jean QUELENNEC, Jean-Michel RAYMOND, Pierre REGNAULT, Pierre REMY, Jean-Pierre RENEVIER, Jean RETAT, Pierre RICHARD, Jean-Roch RICHARD, Bernard RIGAL, Bertrand RIMAUD, Roger RITZ, Pierre RIVAYRAND, J. Melchior de ROQUEFEUIL, Jean-Paul ROUVIER, Bruno ROUX, Max ROUX, Pierre ROYAL, Jean-Michel RUAULT, Hubert de RUFFRAY, Michel RUFIN, Jean de SAINT GERMAIN, Christian de SAINT JULIEN, Bruno de SAINTE FOY, Raymond de SAINT-GERMAIN, Alain de SAINT-SALVY, Alphonse SAUDER, Jacques SCHMITT, Bernard SELOSSE, Bernard SERPOL, Patrick SIMON, René SIRVEN, Claude SOMMERVOGEL, André SOUDON, Michel de SUREMAIN, Charles-Henri de SURY D’ASPREMONT, Dominique de TANOUARN, Bernard de TERNAY, Marc TERRASON, Joseph TESSOT, Pierre THEVENOU, Christian TILLY, Michel TONNAIRE, Jean-François TROADEC, Jean TURCOT, Daniel VALERY, Marc VALICON, Jacques VAQUETTE, Jacques VAUTERIN, Bruno VENARD, Jean VENET, Jean VERDE de LISLE, Guy J. VEZIO, Jean-Paul VIDAL, Roger VILAIN, Roland VINCENT, Antoine de VIRIEU, François VORUZ, Michel VUIBLET, Jean WELLER
Généraux de brigade - Gendarmerie (CR) : Jean BELLOEIL, Michel CHAPLAIS, Jean CONRIE, Yves GOARANT, Guy JOURNAUX, Pierre de MAXIMY, Louis MOUILLE
Généraux de brigade - armée de l’air (CR) : Paul ARMAND, Michel AUTRET, Paul BELLURGEY, Gilles BERG, Gilbert BIOUSSE, Gérard BONNEVIE, Marcel BOURGNINAUD, Léon BRISSET, Guy BUREL, Guy CASSAGNE, Jacques de CHAMPEAUX, Joël CHOQUET, Pierre COLOMBET, Etienne COURJARET, Xavier DEFLINE, Gérard DELATTRE, Pierre GILLES, Pierre GRANPERRET, Pierre GUILLERMIN, Jacques GUILLOU, Henri HEIMBURGER, Pierre HUBAC, René HUERRE, Lucien KLEIN, Henri de LATAILLADE, Michel LENAIN, Jacques LEPINE, Charles MAINGUY, Claude MALICHECQ, Etienne MAURENCE, Pierre MENANTEAU, André MEROLA, Claude MICHEL, Xavier MOREAU, Pierre PICHANCOURT, Claude PRONO, Jean RAYNAUD, Jacques RICHARD, Marc ROMARY, Philippe SANDER, Jacques de SOULTRAIT, Claude STENGEL, Jean THEPIN, Jean VUILLEMOT, Pierre BASTARD, Christian BONBON
Contre-amiraux (CR) : Norbert BONNEAU, Philippe CLOCHARD, Bertrand DESGREES DU LOU, Bertrand DURANT de SAINT-ANDRE, Claude GOUVA, Jean KESSLER, Jean-Louis LE DEUFF, Louis LE HEGARAT, Jean MOLENAT, Jean RAGUET, Jean VERDERY, Philippe VIDAL de La BLACHE
Pharmacien - chimiste général (CR) : Roger DUCOUSSO
Medecin général (CR) : Henri Claude GUENOUN
(1) Depuis la parution du livre, plusieurs dizaine de généraux supplémentaires ont souscrit au manifeste. À la date du 2 février 2002, ils étaient 540.