Après avoir rappelé les raisons, bien compréhensibles, qui ont conduit M. Bernard Kouchner à décliner l'invitation qui lui avait été faite d'évoquer sa mission de réconciliation ethnique et de normalisation politique au Kosovo, le général Vougny a présenté le général Thomann, adjoint au général commandant la Kfor de juin 1999 à janvier 2000, venu témoigner de son expérience et du travail politico-militaire qu'il a effectué au Kosovo. Rappelons que le général de division Thomann, après avoir commandé la 9e division d'infanterie de Marine basée à Nantes, commande actuellement l'état-major de force n° 2, également basé à Nantes. Il résume ici le texte de sa conférence prononcée le 13 juin dernier, qui commençait par un court métrage diffusant, sans commentaires, des images de la Kfor et de la Minuk en action.
Témoignage - Le Kosovo
En préambule, permettez-moi de dire que le fait que Bernard Kouchner, ne pouvant assurer sa prestation, demande que je témoigne, en remplacement, me paraît un symbole important de l’excellence de la coopération entre autorités civiles et autorités militaires internationales au Kosovo. De ce point de vue, les enseignements de la Bosnie ont été tirés. D’emblée, le premier représentant spécial de l’Onu, M. Sergio De Mello, qui a œuvré de la mi-juin à la mi-juillet, a tenu à cette coopération. Elle est maintenant gravée dans le marbre. Tous les jours, sauf incident majeur, a lieu à 17 heures une réunion de concertation entre les autorités de la Mission des Nations unies (Minuk) et celles de la Kfor. On y examine en commun les questions qui se posent et les réponses qui peuvent leur être apportées. Mettre en évidence cette collaboration me paraît fondamental pour définir sur le terrain l’action internationale.
Elle se caractérise par son extraordinaire complexité. Je développerai ce thème en vous présentant les enjeux dans la zone d’action. Ensuite, je ferai quelques observations sur les principaux acteurs présents sur le terrain, c’est-à-dire sur la composante civile, mais aussi militaire de l’engagement international et sur les autorités locales, les populations, les minorités, etc. Enfin, je tenterai d’esquisser une réponse sur la politique européenne des Nations unies quant à l’avenir du Kosovo. Une réponse que l’on ne peut faire sans insister sur les positions américaines ainsi que sur les attitudes russes face à ce problème.
Les enjeux ?
La complexité politique au niveau international
Une résolution ambiguë
Une première complexité à relever est d’ordre politique. Cette action a été conduite en application de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 10 juin 1999 (1).
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