La mondialisation est en train de bouleverser certains fondements de notre société. Au tournant du siècle, ce phénomène a introduit une donne particulière dans les échanges internationaux qui sont appelés à s'amplifier d'une façon considérable. Toutefois, les excès de cette véritable révolution industrielle ont mis en lumière de graves inconvénients qui menacent de transformer le nouvel ordre économique en grand désordre social et culturel. C'est sur ce dernier aspect que l'auteur concentre son étude.
Les affres de la mondialisation
Le Robert définit la mondialisation comme « le fait de devenir mondial, de se répandre dans le monde entier ». De nombreux commentateurs l’appellent « globalisation ». Or ce terme est impropre. C’est un anglicisme qui signifie certes « mondialisation » dans la langue de Shakespeare, mais qui n’a strictement rien à voir avec l’adjectif français « global » (1). Le phénomène de mondialisation est lié à la révolution technologique de la communication qui a provoqué une multiplication des réseaux d’échanges à l’échelon planétaire. La nouvelle forme d’économie qui en résulte a créé une dynamique extraordinaire dans laquelle les distances ont été raccourcies et le facteur temps complètement modifié. Nous vivons désormais dans la civilisation de l’immédiat et du court terme qui permet de communiquer avec le monde entier et de prendre des décisions instantanées. L’introduction de ce nouveau paramètre a ouvert la voie à de multiples initiatives. Elle a suscité un fantastique esprit de créativité qui a revigoré de nombreux secteurs de notre société. Cependant, cette mutation ne présente pas que des avantages. Elle a notamment supprimé le temps de la réflexion, donc de la sagesse et de la sérénité. Le développement de la communication a également profité aux imposteurs de la mondialisation. Parmi ceux-ci : les ogres du profit qui s’enivrent dans la spéculation outrancière et les acteurs peu scrupuleux de la criminalité financière. Toutefois, avant d’analyser les avatars de ce processus révolutionnaire, il importe d’en préciser le domaine.
Le village planétaire
La mondialisation a été provoquée par deux faits majeurs. Le premier, de nature géopolitique, est lié à la fin de la guerre froide. La chute du communisme a consacré la victoire incontestable du capitalisme. La disparition brutale d’un monde bipolaire où s’affrontaient deux systèmes de société antinomiques a mis fin à un long débat idéologique. Cette rupture a ouvert la voie au développement d’un vaste marché dans lequel les activités de production, de consommation et de distribution sont organisées à l’échelle planétaire. Désormais, il n’y a plus de rideau de fer pour empêcher les capitaux, les idées, les hommes et les marchandises de circuler librement. Même, l’ex-URSS et la quasi-totalité des anciennes « démocraties populaires » ont intégré les nouveaux circuits du négoce international. Le libre-échange est devenu la règle sacro-sainte du village mondial en train de se construire.
Le deuxième fait, de nature scientifique, a été stimulé par la révolution informatique. Les innovations dans le domaine des technologies de l’information revêtent un caractère horizontal, car elles touchent tous les domaines d’activité. Les progrès faramineux des télécommunications ont engendré des formes d’organisation de la société en réseaux qui ont profondément modifié les systèmes de pensée et créé un nouveau type de relations économiques. Les échanges fonctionnent dorénavant en temps réel à l’échelle planétaire.
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