L'élection de Vicente Fox, candidat du Parti d'action nationale (PAN), à la présidence de la République du Mexique, le 2 juillet dernier, a sans nul doute participé à l'évolution de ce pays. Pascal Drouhaud, spécialiste de l'Amérique latine, bien connu de nos lecteurs, nous informe sur la situation actuelle et en tire quelques conclusions avant la prise de fonctions du nouveau président, ce mois de décembre 2000.
Le Mexique à l’heure de la transition démocratique
Après soixante et onze années d’exercice continu du pouvoir, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a perdu, démocratiquement, le contrôle de ce qui a constitué la colonne vertébrale de sa force politique, la présidence de la République. C’était autour d’elle que s’était organisée une emprise politique sur les différents secteurs de la société mexicaine.
Une dangereuse dérive dans la gestion politique, perçue par tous depuis la fin des années 80, accompagnait une évolution sociale et économique, renforcée par les effets de l’adhésion à l’accord de libre-échange nord-américain, en 1994 et qui rendait inévitable les résultats de juillet dernier. L’apparition d’une culture individualiste et libérale favorisée par l’Aléna (1) ne pouvait qu’être profitable au Parti d’action nationale (PAN) qui, depuis 1997, dirige six États tandis que le Parti de la révolution démocratique pour la gauche (PRD) en détient quatre, ainsi que la capitale fédérale, Mexico. L’idée d’un exercice partagé du pouvoir a progressivement fait son chemin jusqu’aux élections de juillet dernier.
La défaite du candidat du PRI, Francisco Labastida Ochoa a été perçue comme le succès de la démocratie. Pour la majorité des Mexicains et dans la plupart des pays, l’alternance a été saluée comme le signe de la maturité politique d’un État et d’un peuple dont le seul souci aujourd’hui, est de parvenir à mener à bien un projet fondé sur la conciliation et l’ouverture. Une nouvelle génération d’hommes politiques accèdent au pouvoir. Issus du monde de l’entreprise, à l’instar du nouveau président qui a commencé sa carrière chez Coca Cola-Mexique avant de s’occuper de négoce agricole au Guanajato, son État d’origine, ces hommes veulent fonder un nouveau contrat social qui prenne en compte la diversité culturelle, économique et sociale du Mexique tout en maintenant les éléments d’une indispensable unité. Pour y parvenir, la lutte contre les inégalités sociales s’impose tandis qu’un nouveau rapport au fédéralisme se doit d’être établi.
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