Asie - Armées et pouvoir en Asie orientale
La participation des armées au pouvoir politique peut avoir des raisons multiples. Dans les pays qui ont connu une décolonisation pacifique, la transition du pouvoir s’est généralement effectuée au profit des notables locaux qui ont gardé des liens plus ou moins étroits avec l’ancienne puissance coloniale (Inde, Malaysia, Sri-Lanka…). En revanche, si l’indépendance a été le fruit d’une lutte armée, les cadres de la rébellion sont généralement devenus les nouveaux maîtres. Les militaires peuvent détenir le pouvoir, partiellement ou totalement, à la suite d’un affaiblissement du gouvernement civil. Dans ce cas, l’armée, s’estimant au-dessus de la mêlée et détentrice des intérêts vitaux du pays, intervient au prétexte de paralysie des institutions, de chaos social ou de menaces séparatistes. Un autre cas, de présence des militaires, est celui d’un parti au pouvoir qui n’accepte pas la perspective d’une opposition légale et celle d’une alternance politique. L’Asie orientale a connu, ou connaît encore, tous ces types de situations, parfois combinés.
Les pays communistes : confusion armée-politique
Les pays communistes sont l’exemple d’États ayant obtenu leur indépendance par une rébellion armée dont les cadres étaient à la fois les chefs politiques et militaires. Ainsi, en Chine, où Mao Zedong proclamait que « le pouvoir est au bout du fusil », ce sont les chefs de la rébellion qui sont devenus les cadres politiques et administratifs du pays. Le général Chen Yi fut ainsi ministre des Affaires étrangères. Aujourd’hui encore, plus de cinquante ans après la fondation de la république populaire de Chine (RPC), les militaires restent nombreux dans l’appareil du Parti communiste chinois (PCC) : sur les 193 membres du Comité central, on compte 42 militaires dont environ la moitié représentant le département politique de l’Armée populaire de libération (APL) ; on en retrouve deux sur les 22 membres du Bureau politique ; et ce n’est qu’en 1997 qu’a disparu le militaire jusque-là présent parmi les sept membres du comité permanent.
Encore aujourd’hui, le pouvoir politique compte sur l’armée pour se maintenir en place dans les pays communistes. En Chine, les militaires font partie du système politique, la réciproque étant vraie : la gestion des forces armées est entièrement entre les mains de la Commission centrale des affaires militaires (CCAM) du Parti communiste.
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