Sécurité et défense en Europe - La Mission interministérielle pour l'Europe du Sud-Est (Miese)
Créée en juillet 1999, la Mission interministérielle pour l’Europe du Sud-Est (Miese) a pris fin le 1er décembre 2000, après seize mois d’activités. Elle est née du postulat que la gestion des crises est un concept global. Leur multiplication nécessite en conséquence une adaptation des outils permanents dont la France doit disposer pour participer à leur règlement. Ainsi, l’action de la France, mieux coordonnée, deviendrait plus complète, plus rapide et plus visible, à l’image de celle de nos principaux partenaires occidentaux.
Un retard à combler
Jusqu’à cette création, la France participait au règlement des crises presque exclusivement par l’engagement de ses forces armées, sans chercher simultanément à en traiter les causes économiques, sociales et institutionnelles. Dans le Golfe, au Cambodge ou en Bosnie-Herzégovine, des moyens militaires considérables ont été consentis avec, dans le cas de la Bosnie-Herzégovine, des pertes humaines importantes alors qu’aucune action d’envergure n’était entreprise dans le domaine de la reconstruction civile, élément essentiel de la sortie de crise. Dès 1994, le ministère de la Défense avait bien mis en place à Sarajevo une première équipe d’actions civilo-militaires, sous commandement français, destinée à faire le bilan des besoins en reconstruction civile une fois la paix rétablie. La masse d’informations recueillies était restée inexploitée faute de relais par les administrations civiles. On en restait à une gestion traditionnelle, uniquement diplomatique, des sorties de crises.
Ne se sentant pas soutenues par le gouvernement, les entreprises avaient rechigné à rechercher sur place des marchés, même financés par les organisations internationales dont la France était un important contributeur. Ce constat médiocre avait déjà été établi par le ministère de la Défense, puis par le SGDN et par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), en 1996 et 1997. La crise du Kosovo a été pour la France l’occasion d’essayer de porter remède à ces insuffisances.
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