Asie - La situation au Népal
Le royaume du Népal, avec une superficie de 140 800 km2 et une population de 24 millions d’habitants, supérieure à celle de Taïwan ou de la Malaisie, occupe une position charnière entre l’Inde et la Chine, avec respectivement 1 236 km et 1 690 km de frontières communes. Fondé au XVIIIe siècle, son histoire a toujours été assez tumultueuse. L’instauration d’un semblant de démocratie, en 1991, a ouvert une période de grande instabilité politique. Le massacre du 1er juin 2001, qui a décimé la famille royale dans le palais de Narayanhiti, a été suivi de plusieurs journées d’émeutes. La rébellion communiste quant à elle, qui embrase une bonne partie des campagnes d’un pays très pauvre et très majoritairement rural, semble vouloir revoir sa stratégie et renoncer à l’insurrection armée, tandis que l’Inde et la Chine s’interrogent sur les orientations du nouveau roi Gyanendra, frère du monarque décédé.
Histoire
Le Népal a été unifié en 1768 par un des féodaux locaux, Prithvi Narayan Shah, à partir de la principauté de Gurkha, fondée en 1559 par Dravya Shah. Cherchant à étendre son territoire vers l’Inde, le Tibet et le Bhoutan, ce royaume affronte les Britanniques qui lui infligent, le 9 mai 1815, une cinglante défaite dont résulte l’humiliant traité de paix du 5 mars 1816 imposant une forme de protectorat, où, en fait, le véritable pouvoir est détenu par le Premier ministre. Finalement, à partir de 1856, le roi devient le prisonnier, dans son propre palais, du Premier ministre Jang Bahadur Kunwar qui rend sa fonction héréditaire et après une victorieuse campagne militaire aux côtés des Britanniques pour mater la rébellion des Cypayes, il reçoit le titre militaire honorifique de Rana, qui devient le nom de toute cette famille.
Les Rana ont renforcé leur pouvoir sur leur alliance avec les Britanniques, après l’indépendance de l’Inde en 1947, mais leur position est fragilisée par l’apparition au Népal de partis politiques démocratiques, notamment le Parti du Congrès, hostiles au pouvoir exclusif de la famille Rana, liés au parti au pouvoir en Inde et alliés objectifs de la famille royale. En novembre 1950, à la suite d’une révolte armée contre eux, les Rana obligent le roi Tribhuvan Bir Bikram Shah à fuir en Inde et couronnent donc un nouveau roi, le jeune prince Gyanendra, âgé de quatre ans, oublié dans la précipitation du départ ; l’actuel roi, couronné le 4 juin 2001 pour la seconde fois. Dès 1951, le gouvernement indien impose le retour du roi Tribhuvan, le grand-père de Gyanendra.
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