La complexité croissante de notre monde, l'augmentation du niveau d'éducation de nos populations, le développement de la culture démocratique sont autant d'éléments qui remettent en question nos systèmes d'organisation et de gestion politiques. Les pays européens ont développé des modes de gouvernance nationale assez différents, tant dans les relations sociales, dans l'organisation territoriale que dans l'exercice du pouvoir normatif. L'Union européenne a développé pragmatiquement un système original de gouvernance à l'échelle du continent, faisant émerger un « modèle européen » de démocratie moderne. Mais ce système doit encore être rationalisé.
La gouvernance dans l'Union européenne
Le mot « gouvernance » traduit l’introduction des concepts de management dans l’organisation des institutions politiques. Jusqu’à une période récente, le débat relatif à ces institutions prenait en compte l’exigence démocratique, la protection des droits de l’individu, l’équilibre des pouvoirs, bref des critères proprement politiques, à la rigueur des considérations budgétaires, mais sûrement pas la dimension de la gestion globale du système en efficacité de management.
La comparaison avec la problématique de l’entreprise a commencé par le néolibéralisme et la constitution du grand marché européen : il est alors apparu qu’existait une certaine « concurrence » entre les États, notamment pour attirer les investissements et les talents, conduisant à comparer les « frais généraux administratifs » ou les prélèvements obligatoires.
Aujourd’hui, la prise de conscience de l’inévitable complexité de l’organisation politique des sociétés modernes, qui mettent en jeu au moins quatre niveaux de décisions démocratiques (ville, région, État, Europe), et parfois davantage (agglomération, province…), conduit à poser le problème de « gouvernance » : comment combiner responsabilité démocratique et efficacité de gestion globale d’un système politique ?
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