Malgré les fréquentes déclarations enthousiastes sur les progrès de l'Europe de la défense, alors que l'Europe politique est en panne, force est de constater, selon l'auteur que la défense européenne n'avance pas. L'Union européenne ne peut se contenter de sa puissance économique et doit en faire le socle d'une véritable puissance politique et donc militaire.
Europe de la défense ou défense de l'Europe ?
Le sommet de Nice a été présenté par de nombreux experts comme un échec politique, mais cet échec a été masqué par un accord dans le domaine de la défense largement commenté par la presse. Un tel paradoxe doit porter à s’interroger sur la facilité avec laquelle se construit l’Europe de la défense en milieu des pannes à répétition que connaît l’Europe politique. Comment de si constants progrès peuvent-ils générer une si misérable efficacité de la politique étrangère de l’union ?
Une esquisse de réponse pourrait être la confusion que l’on fait avec une certaine paresse intellectuelle entre « l’Europe de la défense », qui est un des aspects du processus de construction européenne, et la « Défense de l’Europe » qui devrait en être son aboutissement. Continuer à se laisser abuser par le confort d’un progrès sans fin de l’Europe de la défense pourrait se révéler dangereux à terme. L’Europe doit apprendre à se défendre si elle veut vivre.
La plupart des rencontres au sommet, multilatérales ou bilatérales se terminent par un accord dans le domaine de la défense dont la publicité qui en est faite est inversement proportionnelle à son efficacité réelle. Nuremberg, Saint-Malo, Nice, Helsinki n’ont pas rendu l’Europe plus visible au Kosovo, en Macédoine ou au Proche-Orient.
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