Amérique - Coca : quelle stratégie face à la surproduction ?
Dans l’ensemble latino-américain, la Colombie est plus particulièrement connue pour son implication dans la production de coca et dans le narcotrafic. Célébré comme une éclatante victoire, le démantèlement des grands cartels de Medellín et de Cali, dans la première moitié de la décennie passée, a finalement favorisé l’essaimage de cette activité illicite, la rendant moins contrôlable et plus efficace. Tout simplement, ces cartels avaient fait leur temps et la filière de la coca leur échappait : ils pouvaient mourir de leur belle mort, c’est-à-dire de mort violente.
Actuellement la production et la commercialisation de cocaïne sont plus menacées par la surproduction que par toutes les mesures répressives. Celles-ci, aggravant la violence, assurent en définitive la rentabilité d’une branche extrêmement vivace, qui croît sous l’effet des élagages successifs, jusqu’à atteindre sa taille limite, à partir de laquelle elle pourrait commencer à dépérir.
Les réflexions qui suivent sont le fruit d’une analyse au quotidien, par un observateur non spécialiste de la drogue. Les chiffres présentés, par définition discutables puisque résultant d’estimations, donnent néanmoins des indications sur les tendances actuelles. Le pavot et l’héroïne ne sont pas abordés ici, malgré leur importance croissante en Colombie, parce que ce pays est d’abord au cœur de la géopolitique mondiale de la cocaïne.
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