Au début du nouveau millénaire, l'expansion du terrorisme qui s'est manifesté le 11 septembre 2001 aux États-Unis a interpellé les dirigeants politiques et les stratèges de toute la planète sur la façon de combattre ce terrible fléau. Dans ce genre de guerre totale contre un adversaire diffus, il apparaît que le renseignement humain constitue l'arme la plus efficace. La prise de conscience de ce très vieux concept a redonné ses lettres de noblesse aux unités de recherche dans la profondeur et en particulier aux forces spéciales.
Renseignement humain et terrorisme
Dans le domaine des moyens techniques de renseignement, les États-Unis possèdent sur les autres pays une suprématie incontestable. Les satellites leur permettent de prendre des vues de toutes les zones de la planète et leurs systèmes d’écoute d’intercepter un nombre extraordinaire de communications qui sont échangées de par le globe. En somme, la puissance américaine peut voir et écouter le monde entier. Or, malgré cette panoplie impressionnante de ressources technologiques particulièrement performantes, les Américains n’ont pas su ou pas pu prévenir les attentats terroristes du 11 septembre dernier sur leur territoire. Dans cette dramatique conjoncture, il s’est avéré que le renseignement humain avait été négligé au profit du renseignement technique.
La forme de guerre imposée par les réseaux terroristes a remis sur le devant de la scène la primauté de l’homme sur la technologie pour être bien renseigné sur certaines situations. En effet, seuls les moyens humains peuvent pénétrer ces organisations criminelles qui font trembler l’humanité. Les politiques et les militaires sont donc contraints de redonner une place de choix au renseignement humain.
Le concept HUMINT et ses composantes
Le renseignement qui tire les informations de sources humaines est appelé HUMINT (Human Intelligence) par les spécialistes. Le concept s’appuie d’abord sur des pratiques officielles et permanentes qui sont menées aussi bien en temps de paix qu’en période de conflit. Dans cette catégorie, on trouve les observations et les rapports des attachés de défense, les comptes rendus des ambassadeurs, ainsi que l’exploitation de la littérature et de la presse ouverte (orale, écrite, télévisée). Tous ces paramètres fournissent des éléments précieux sur la connaissance d’un milieu, le moral d’une population, les problèmes d’une société, l’environnement économique et les aspirations des personnalités marquantes qui sont susceptibles d’influer sur le cours des événements. En particulier, les études publiées par des journalistes d’investigation peuvent apporter des éclairages intéressants sur certaines questions épineuses, dans la mesure où l’on sait apprécier d’un côté la part d’objectivité d’auteurs dont les écrits sont souvent prisonniers d’une logique commerciale, de l’autre la précision de faits parfois dénaturés par de la désinformation.
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