Asie - L'islamisme en Asie du Sud-Est
Peu après les attentats du 11 septembre, un quotidien français titrait « Asie du Sud-Est : un islamisme sans liens avec O. ben Laden ». En décembre 2001, l’arrestation de quinze musulmans qui planifiaient des attentats à Singapour a révélé l’existence d’une organisation clandestine, le Jamaâ Islamia (groupe islamiste), lié à Al Quaïda, aux ramifications dans tout le monde malais. Il vise à la constitution d’un État islamiste regroupant la Malaisie, l’Indonésie et le sud des Philippines. Un religieux indonésien est soupçonné d’en être le chef. La lutte contre les extrémistes s’organise dans chacun des États de la région et entre-eux, avec un certain succès.
Singapour sous le choc
La cité-État de Singapour, dont 75 % des quatre millions d’habitants sont d’origine chinoise, pays d’ordre par excellence, a appris avec stupeur le 6 janvier 2002, l’arrestation, dans les semaines précédentes, de quinze musulmans dont quatorze Singapouriens et un Malaisien d’origine singapourienne. Treize étaient membres du Jamaâ Islamia et huit d’entre eux avaient reçu un entraînement en Afghanistan dans les camps d’O. ben Laden. Il ne s’agissait pas de marginaux, mais d’hommes d’affaires, d’ingénieurs et d’un informaticien. Le groupe préparait des attentats sur le territoire de Singapour, où environ 6 000 multinationales, majoritairement américaines, ont leur siège régional et où 17 000 citoyens des États-Unis sont installés. Le groupe préparait une série d’attentats anti-américains visant des navires et avions de guerre, l’ambassade, un bus de ramassage de militaires et des compagnies commerciales.
Ce sont des documents découverts en Afghanistan qui ont permis de démanteler ce réseau. Une cassette vidéo montre des opérations de repérage de quartiers résidentiels, d’un mess d’officiers et de clubs fréquentés par la communauté américaine. Parmi les documents trouvés chez l’une des personnes arrêtées figuraient une liste de 200 compagnies américaines dont trois avaient été choisies comme objectifs en raison de leur importance. Les photographies de la base aérienne utilisée par les appareils de l’US Air Force avaient été prises par un technicien de la compagnie gouvernementale Singapore Technologies Aerospace. Les intérêts des alliés des États-Unis dans la guerre d’Afghanistan étaient également visés, en particulier les ambassades de Grande-Bretagne, d’Israël et d’Australie. Le groupe terroriste n’attendait plus que le feu vert de la direction d’Al Quaïda.
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