État-major des armées - Le centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) et l'État-major de force et d'entraînement (EMFEIA)
Au début des années 90, le retour d’expérience du conflit du Golfe avait conduit à la création de plusieurs directions, commandements et états-majors interarmées, dont le centre opérationnel interarmées (COIA), afin de répondre aux exigences des opérations de crise auxquelles nous étions confrontés. Pendant dix ans, cette organisation a démontré sa pertinence, mais aussi laissé apparaître certaines limites, mises en évidence lors des opérations au Kosovo et en Afghanistan. La gestion de crises exige aujourd’hui une réactivité de plus en plus grande, la capacité d’informer et de proposer rapidement des options militaires aux plus hautes autorités de l’État, de retranscrire les décisions politiques en plans et en ordres tout aussi rapidement, souvent en ayant soin de se coordonner avec nos principaux alliés, compte tenu du caractère multinational de la majorité des opérations. Le tempo s’est accéléré et il faut donc s’adapter.
Simultanément, l’Union européenne se dote progressivement des moyens de gérer les crises. Ne disposant d’état-major de planification et de conduite, il est prévu qu’elle puisse s’adresser aux nations européennes qui en sont dotées, ou à l’Otan. L’Union européenne a retenu le concept de nation-cadre et non celui de nation-pilote. La nation-pilote a la responsabilité pleine et entière de l’opération, les autres nations se contentant de suivre (cas des Britanniques avec l’Isaf) ; la nation-cadre fournit l’ossature de l’état-major mais associe les autres nations participantes à la planification et à la conduite. Lors du Conseil de Nice, la France s’est engagée à mettre à la disposition de l’Union européenne, à partir de 2003, des capacités de commandement de niveau stratégique, opératif et tactique. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie sont également candidats.
Le projet de loi de programmation militaire prend en compte cette nécessaire modernisation des moyens de commandement. Le centre de planification et de conduite des opérations en constituera le niveau stratégique. L’état-major de force et d’entraînement interarmées est conçu pour pouvoir être le noyau dur d’un PC de théâtre interarmées, c’est-à-dire le niveau opératif. Enfin, chaque armée possède déjà la capacité de constituer un état-major de composante tactique apte à conduire une coalition.
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