Asie - Chine : La continuité dans le changement
Le 14 novembre 2002, à l’issue du XVIe congrès du Parti communiste chinois (PCC), son secrétaire général. M. Jiang Zemin, après treize ans de direction, a cédé cette fonction à M. Hu Jintao. Ce congrès est celui de la continuité dans le changement. Une nouvelle génération a bien pris les postes les plus élevés de la hiérarchie du Parti, mais M. Jiang Zemin, obligé de se retirer en raison de son âge, a placé une majorité de ses fidèles dans le Comité permanent du Bureau politique, et entend bien continuer d’influencer la politique du pays. Il faudra plusieurs années à M. Hu Jintao pour s’affirmer comme le maître de la Chine, sans que cela conduise forcément à des changements politiques ou économiques significatifs.
Jiang Zemin : bilan et faux départ
M. Jiang Zemin n’aura jamais eu le charisme du « Grand Timonier » Mao Zedong, ni du « grand architecte » Deng Xiaoping, même s’il s’attribue lui-même volontiers le surnom d’« ingénieur en chef ». Mao Zedong avait rétabli l’unité et la dignité de la Chine ; il l’avait dotée de l’arme nucléaire et le maoïsme a inspiré des millions de révolutionnaires dans le monde. Le pragmatique Deng Xiaoping a propulsé la Chine dans la modernité et le développement économique. Sa « théorie » est entrée dans les grands textes de l’histoire du communisme chinois. Jiang Zemin, quant à lui, n’a fait que poursuivre l’œuvre de son prédécesseur avec une certaine frilosité. Le seul fait positif marquant a été l’admission de la Chine dans l’OMC, et son grand échec personnel, l’obstination de Taïwan à refuser la réunification.
Afin d’entrer dans l’histoire, Jiang Zemin a lancé en 2001, l’idée d’ouvrir les rangs du PCC aux entrepreneurs privés, principaux artisans de la croissance économique, ce qui a provoqué de nombreux remous. Pour les conservateurs du parti, celui-ci, étant l’avant-garde des ouvriers et des paysans, ne peut à la fois représenter l’exploité et son exploiteur. Jiang Zemin a tout de même réussi à faire adopter son projet par le XVIe congrès qui a modifié, à l’unanimité, les statuts du parti pour y inclure la notion des « trois représentations », c’est-à-dire que le PCC est dorénavant celui des ouvriers, des paysans et des forces vives du pays. Pour M. Jiang, les problèmes futurs de la Chine sont essentiellement économiques. Il est normal que les principaux acteurs du développement puissent participer aux grands choix. C’est aussi une manière de les contrôler. Les grands entrepreneurs privés, forts de leur contribution à la construction du pays, mais exclus du parti décidant de tout, pourraient être tentés de réclamer le multipartisme afin d’avoir leur mot à dire.
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