Gendarmerie et sécurité intérieure - À quoi sert la surveillance générale ?
La surveillance générale n’est pas une mission comme les autres. Depuis les origines les plus lointaines de la gendarmerie, la patrouille des deux gendarmes, à cheval, à vélo, à pied ou en voiture, incarne mieux que de longs discours cette institution dans sa singularité. Cette mission synonyme de gendarmerie demeure, au moins dans les principes et les mentalités, la principale activité de ses unités élémentaires que sont les brigades territoriales. Par ailleurs, depuis la fin des années 70, à l’échelon de la compagnie, la gendarmerie s’est dotée, avec le PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), d’une unité entièrement consacrée à cette mission, dont l’action s’exerce en complément, en renfort des brigades les plus chargées.
Mission première associée au paradigme de la prévention, la surveillance générale s’est confondue pendant longtemps avec l’idée même de service de la gendarmerie, ce qu’expriment les principaux textes ayant codifié son organisation et son action : « Le corps de la gendarmerie nationale est une force instituée pour assurer dans l’intérieur de la République le maintien de l’ordre et l’exécution des lois. Une surveillance continue et répressive constitue l’essence de son service ». « Le service de la gendarmerie nationale est particulièrement destiné à la sûreté des campagnes et des grandes routes ». Articles 1er et 3 de la loi de la loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798). « Les fonctions habituelles et ordinaires des brigades sont de faire des tournées, courses ou patrouilles sur les grandes routes, chemins vicinaux, dans les communes, hameaux, fermes et bois, enfin dans tous les lieux de leur circonscription respective ». Article 149 du décret du 20 mai 1903.
En utilisant la distinction classique établie par le sociologue américain Robert Merton, il est possible de distinguer six fonctions assignées, dans la pratique, aux services de surveillance générale, les quatre premières étant plutôt des fonctions manifestes (reconnues par l’institution et exercées consciemment par les acteurs de terrain) et les deux suivantes relevant de la catégorie des fonctions latentes (accomplies de manière plus ou moins consciente et volontaire).
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