La situation géopolitique actuelle est marquée par la primauté des États-Unis, qui laisse cependant apparaître quelques fissures, et par la montée en puissance d’États ou groupes d’États qui se disent partisans d’un multipolarisme. Réalité ou instrument de gestion de l’hégémonie américaine ? Cette situation est potentiellement dangereuse. Il ne reste que quelques années pour agir.
Vers un multipolarisme ?
L’implosion de l’URSS a marqué la fin du bipolarisme. Cette situation a souvent été assimilée à la fin des conflits et à l’entrée dans un âge d’or au cours duquel on allait percevoir les dividendes d’une paix enfin retrouvée. L’économie a été de plus en plus libéralisée et le rôle des États est devenu moins important ; mais, à la suite des effets négatifs de la mondialisation et des attentats du 11 septembre, le monde des États s’est recomposé. Au bipolarisme de la guerre froide aurait succédé un monde unipolaire, dominé par l’« hyperpuissance » américaine.
En fait, la réalité est plus nuancée. Certains politologues parlent d’un monde « uni-multipolaire » (une « hyperpuissance » et quelques grandes puissances), tandis que d’autres voient dans l’évolution actuelle une marche vers un monde multipolaire. La situation actuelle est caractérisée par l’hégémonie des États-Unis et la montée en puissance d’États qui remettent en question cette hégémonie et déclarent aspirer à un monde multipolaire ; est-elle porteuse d’espoirs ou lourde de menaces ?
L’émergence d’un nouveau multipolarisme
Le multipolarisme comprend plusieurs puissances, de force comparable, collaborant entre elles ou se concurrençant selon des combinaisons changeantes, génératrices d’instabilité. Trois traits caractérisent le multipolarisme actuel :
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