Désormais, et au regard de la recrudescence des risques géostratégiques et de l’accroissement des inégalités socioéconomiques, avec en sus une pollution mondialisée et un développement asymétrique du Nord et du Sud, il nous faut réfléchir à la complexité du monde en croisant les regards économique, politique, international et écologique. Pour la France c’est de tradition ancienne ; avec le Forum mondial du développement durable qui en sera à sa troisième version les 2 et 3 décembre 2005 au Sénat, il est question d’engager le pari de « civiliser » la mondialisation en rassemblant chaque année les principaux protagonistes du développement durable en leur faisant injonction de penser l’avenir des prochaines générations en conjuguant l’équité, l’efficience et l’éthique de solidarité.
Le Forum mondial du développement durable : entre Davos et Porto Alegre
Les 27-28-29 novembre 2003 se tenait le premier Forum mondial du développement durable (FMDD) : « Conflits et partenariats », autour de l’accès aux biens essentiels (eau, énergie, éducation, santé). Les 12-13-14 novembre 2004 se tenait le deuxième FMDD : « Périls mondiaux et gouvernance ». La version 2005 du FMDD aura pour thème « Le climat et les patrimoines de l’humanité ». Pourquoi un symposium annuel sur la thématique contemporaine la plus en vogue, à défaut d’être la plus compréhensible pour les Français (1) ? Pourquoi à Paris ? Et quel engagement culturel, voire politique, peut rassembler en comité ad hoc une centaine de personnalités françaises et étrangères, de tous horizons socioprofessionnels et pour œuvrer à établir un corpus scientifique et géostratégique autour des questions de développement durable ?
Le développement durable est une notion récente, à peine vieille d’une décennie et demie, dont la déclinaison pratique — c’est-à-dire le bilan et les réalisations — se révèle modeste, sinon négligeable. De quoi parle-t-on ? D’abord de mettre en corrélation le cri des laissés-pour-compte de la planète, dont la résonance au Sommet de la Terre, à Rio en 1992, provoqua une salutaire prise de conscience, avec les dysfonctionnements de la mondialisation observés à un triple niveau : environnement, économie, déficiences sociales et selon une perspective internationale.
Réintroduire l’humain dans le processus socio-économique et environnemental, une démarche de bon sens et efficiente à tous égards, s’imposa aux grands acteurs de la gouvernance mondiale (États, entreprises, ONG, syndicats, associations) devant la raréfaction des ressources, la multiplication des conflits, les inégalités et la pauvreté persistante, tout cela dans un contexte asymétrique de développement entre les hémisphères (Nord et Sud) de la planète. Si l’on n’y prenait garde, ce monde dangereux pourrait hypothéquer notre civilisation et le devenir des générations futures. L’exigence démocratique qui sourd de tous les continents est une conséquence directe de ce désordre mondialisé.
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