L'addiction, et plus précisément la dépendance à un toxique, est un problème récurrent. Elle offre aujourd'hui une nouvelle dimension avec la consommation de cannabinoïdes qui a doublé ces dix dernières années. Cette consommation doit être appréciée dans un cadre de polyconsommations de substances psycho actives, qu'elles soient licites ou non. Nous évoquons dans cet article les limites de l'addiction, les altérations de comportement ainsi que la nosologie de ces attitudes. Une conduite à tenir est évoquée face au bouleversement observé dans notre pays envers ces substances psycho actives, qui, si rien ne se passe au niveau national dans un programme de très grande ampleur, deviendra un problème de santé majeur.
L'addiction est-elle un fait de société ?
À la « une » d’un quotidien régional, en date du 20 octobre 2004, s’étalait un titre volontiers accrocheur : « Un jeune, de 17 à 25 ans, sur deux consomme du haschich ». Ce problème majeur de santé publique, inquiétude première de l’Académie nationale de médecine, s’inscrit volontiers dans un cadre de désarroi social et de polyconsommations.
Les chiffres doivent être appréciés et interprétés dans leur contexte. Il convient dès lors d’évoquer les termes d’usage et de mésusage de toxiques. La prévention doit prendre le pas sur la thérapeutique. Le vice-président du haut comité de la santé publique (1) évoquait récemment que l’augmentation de la masse financière dévoyée à la santé doit être orientée en priorité à l’action préventive ; le curatif ayant atteint ses limites : l’augmentation des dépenses n’est nullement corrélée avec une amélioration des indicateurs.
Aussi convient-il d’agir en amont par la promotion d’une démarche de santé publique nationale, globale et cohérente ; d’agir par la prévention de l’initialisation de la consommation de toxiques notamment chez les plus jeunes ; d’agir en réduisant les risques et aussi en modifiant les représentations sociales ; sans omettre d’intervenir sur les déterminants sociaux en permettant à des enfants aux vies cabossées d’éviter une carrière de victimes.
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