Producteur de pétrole et de gaz dans plus de trente pays, Total contribue à repousser la contrainte énergétique par son effort d’exploration et d’investissements, par son expertise technique dans les domaines frontières des hydrocarbures et par son attention aux intérêts des pays hôtes. Cependant, la conjonction d’une demande très soutenue et d’une dépendance croissante vis-à-vis des principales régions productrices est source de tensions et de risques qui appellent une plus grande discipline de consommation et une diversification des sources d’énergie. Thierry Desmarest, le président-directeur général de Total, nous livre sa vision de la nouvelle donne énergétique.
Total face à la nouvelle donne pétrolière et gazière
Total facing the new oil and gas situation
Total produces oil and gas in more than thirty countries, and contributes to warding off energy shortfalls through its exploration and investment programmes, through its expertise at the leading edge of hydrocarbon technology, and by its attention to the interests of host countries. However, the combination of unflagging demand and growing dependence vis-à-vis the principal producing regions is a source of tension and of risks which call for a much greater discipline in energy consumption and a diversification of energy sources. Thierry Desmarest, the Chairman and Managing Director of Total, gives his view of the new energy situation.
Pétrole et gaz couvrent près de 60 % des besoins mondiaux en énergie primaire. Ils sont appelés à conserver encore assez longtemps une telle place. C’est pourquoi les tensions observées depuis 2003 ont ramené la question énergétique au premier rang des préoccupations. Face à un secteur des hydrocarbures à la recherche de nouveaux équilibres, une major pétrolière comme Total contribue, à son échelle, à la sécurité d’approvisionnement et à la préparation de l’avenir.
Facteurs de tension et éléments de stabilité dans le secteur des hydrocarbures
Les facteurs de tension
La croissance de la demande pétrolière mondiale à partir de 2003 a surpris le marché ; elle s’est inscrite sur un rythme moyen supérieur à 2 millions de barils par jour (Mb/j), soit le double du niveau observé dans les années 90. Les besoins supplémentaires des États-Unis et de la Chine se sont partagé 60 % de l’augmentation. Cette demande est tirée en particulier par le secteur des transports qui représente 55 % de ses débouchés. L’écart considérable d’équipement en automobiles entre les pays développés (près de 800 véhicules pour 1 000 habitants aux États-Unis et près de 600 en Europe) et dans les grandes nations émergentes (environ 10 véhicules pour 1 000 habitants en Chine ou en Inde) est un facteur très puissant de pression à la hausse de la consommation. Les retards à combler en matière de production électrique dans les pays du Sud stimulent de leur côté la demande gazière, qui est en croissance rapide (1), 36 % de la production de gaz étant aujourd’hui destinés à la génération électrique. Les grandes zones de consommation sont de plus en plus dépendantes des importations. Les États-Unis, qui consomment le quart de la production pétrolière mondiale (20 Mb/j), ne couvrent plus que 35 % de leurs besoins contre 48 % voici dix ans ; la Chine, autosuffisante en pétrole jusqu’au milieu des années 90 avec une production intérieure de l’ordre de 3 Mb/j, importe désormais la moitié de sa consommation. Les sociétés pétrolières nationales de Chine, de Malaisie ou du Brésil viennent concurrencer les compagnies pétrolières internationales au Moyen-Orient, en Afrique ou en Amérique latine, quand elles ne se portent pas candidates à l’achat de sociétés occidentales.
Du côté de l’offre, on relèvera en particulier le fort recul des capacités excédentaires de production disponibles, la remontée du nationalisme pétrolier et gazier et la dépendance accrue vis-à-vis du Moyen-Orient.
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