Dans le temps européen, la politique de sécurité et de défense poursuit sa progression en dépit du ralentissement de la dynamique générale. Elle se fraie un chemin étroit entre l’incertitude sur l’issue de la question constitutionnelle et la demande internationale croissante : peu de questions se posent sans que l’on ne s’inquiète de ce que fait l’Europe pour contribuer à le résoudre. Trouver le débouché nécessite des adaptations de fond qui se préparent aujourd'hui.
Europe de la défense : un point par trois relèvements
Europe defence: the determination of a position by triangulation
In European time, security and defence policy is progressing despite a general slowing down. It is cutting a path between the uncertainty of the constitutional issues and growing international demands: very few problems arise without the question of what Europe can do to resolve them being asked. Answering it calls for in-depth changes which are being prepared today.
À quoi sert désormais l’Europe réunie et pacifiée ? Pouvons-nous imaginer une simple Europe des projets sans qu’il soit nécessaire de définir un projet pour l’Europe ? Comment résoudre la question liée au projet de Constitution et permettre à l’Union européenne élargie de fonctionner efficacement ?
Les options possibles sont encore à définir. Le Conseil européen a confié à la présidence allemande la tâche de présenter un rapport sur « l’état des débats relatifs au traité constitutionnel et les évolutions futures possibles », au premier semestre 2007. La présidence française, au second semestre 2008, est chargée de conclure ces travaux.
On pourrait se trouver assez désorienté, s’il n’y avait la perception, assez largement partagée, qu’il n’existe, au fond, pas vraiment d’alternative crédible à la construction européenne. D’une part, on ne voit naturellement pas très bien un retransfert massif de compétences européennes aux États — retour du mark, du franc et de la lire ; vaste détricotage législatif… — alors que la mondialisation est en plein essor. D’autre part, l’Eurobaromètre, qui traduit périodiquement l’état de l’opinion publique européenne, persiste à annoncer l’embellie pour l’Europe de la défense : en moyenne, 75 % des Européens interrogés soutiennent une politique de sécurité et de défense commune (1). Comment faire pour gagner l’éclaircie ? Comme en navigation, prenons trois relèvements par rapport à des repères pour tenter de nous positionner plus clairement.
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