Les Farc constituent une des guérillas les mieux armées au monde. Elles ont été, dernièrement, au cœur de l’actualité politique en Colombie, tandis que le président Alvaro Uribe décidait de libérer unilatéralement des guérilleros emprisonnés. Il s’agissait de poser les bases d’un dialogue qui pourrait permettre un échange humanitaire avec le groupe de 57 otages détenus par les Farc, parmi lesquels Ingrid Bétancourt et son ancienne colistière Clara Rojas.
Les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) à la croisée des chemins
The Revolutionary Armed Forces of Colombia at a crossroads
The FARC is one of the best-armed guerrilla organisations in the world. It was recently at the centre of political events in Colombia when President Alvaro Uribe decided to release guerrillas held prisoner unilaterally. This was intended to open the way for dialogue that could lead to a humanitarian exchange with the group of 57 hostages held by the FARC, which includes former presidential candidate Ingrid Bétancourt.
Les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) ont été officiellement créées en 1964. D’inspiration marxiste et fortes de 15 000 hommes, elles constituent la première guérilla en Colombie, loin devant l’Armée de libération nationale (ELN), d’influence guévariste et comptant 6 000 hommes. Les Farc sont dirigées depuis
leur création par Pédro Antonio Marin. Son pseudonyme est Manuel Marulanda, alias « Tirofijo » (celui qui vise juste). Tous les cadres dirigeants des Farc ont un pseudonyme et un alias, autrement dit, un nom de guerre.
Manuel Marulanda, né en 1928, a intégré dès l’âge de vingt-deux ans un mouvement de guérilla dans la région de Tolima, groupe d’autodéfense paysanne qui ne pratiquait ni l’enlèvement, ni le racket. Membre du parti communiste colombien depuis 1957, Manuel Marulanda était très actif au sein des « autodéfenses paysannes » dans les années 50. De 1949 à 1952, période durant laquelle la défense armée populaire commença à porter ses fruits, le parti communiste ordonna la création des comités d’autodéfense. Mais, ce furent des jeunes issus du parti libéral qui se lancèrent dans la riposte armée à la violence officielle. On y trouvait ceux qui allaient plus tard devenir l’élite de la guérilla communiste : Juan de Jésus Trujillo Alape alias Ciro Trujillo Castano, Jacobo Prias Alape, Pédro Antonio Marin, alias Manuel Marulanda, futur n° 1 des Farc.
Les Farc ont été signalées dès les années 50. Elles commençaient à marquer leur présence aux côtés du parti libéral, l’un des deux grands mouvements politiques traditionnels de la Colombie. Longtemps, « Tirofijo » a cherché à constituer un groupe armé cohérent afin de devenir un acteur incontournable dans un pays qui a longtemps été enfermé dans une confrontation politique et armée entre le parti conservateur et le parti libéral. Il a créé une guérilla très structurée.
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