L’Europe souffre d’un décalage croissant entre ses capacités spatiales et le faible usage qu’elle fait des possibilités qu’offre l’Espace, notamment en sécurité. Les avancées de la Conférence intergouvernementale de politique étrangère et de sécurité commune contribueront-elles à faire sortir l’Europe de cette impasse ? L'auteur, titulaire d’un DESS d’analyse des systèmes stratégiques, présente ici son opinion sur cette question.
Science et défense - L'Europe a besoin d'espace
L’Europe a l’ambition de jouer les premiers rôles sur la scène internationale, notamment en défendant une position originale quant à sa sécurité. Dans les faits, on constate qu’elle ne met pas au service de cette ambition les moyens correspondants. Comme l’affirme Serge Grouard (1), « si l’Europe prétend au rôle d’acteur auquel l’histoire la pousse, il faudra bien qu’elle se dote, parmi d’autres, de moyens spatiaux. L’évolution politique donne désormais à l’Europe le choix de son destin, perdu tout entier en 1945. En est-elle vraiment consciente ? ». Quelle contribution l’Europe spatiale peut-elle apporter à la sécurité ou à la défense de l’Europe politique ?
L’espace occupera demain une place croissante dans les relations de sécurité entre les acteurs nationaux et internationaux. Encore faut-il que chacun d’eux prenne conscience de son formidable pouvoir multiplicateur, notamment d’influence. Cette prise de conscience permettra à l’Europe de défendre sa place au sein du club restreint des puissances spatiales. Elle pourra déboucher sur un projet ambitieux mais réaliste, celui de constituer un pôle européen d’observation spatiale à l’horizon 2000-2002.
L’Espace, au service de quelle sécurité ?
Concernant la sécurité internationale, notion que nous préférons à celle de défense (2), l’Europe se trouve en proie à deux incertitudes majeures qui engagent son avenir. D’une part quelle sera demain l’attitude de l’instable Russie face au processus d’élargissement de l’Alliance aux marches de l’ex-URSS ? D’autre part la Conférence intergouvernementale (CIG) tiendra-t-elle ses promesses, notamment quant à l’affirmation d’une Identité européenne de sécurité ? Face à ces interrogations, l’Europe pourrait répondre par une volonté de maîtrise accrue de sa sécurité en accélérant son intégration. Cela suppose qu’elle parvienne à sortir du comportement velléitaire qui est le sien aujourd’hui, caractérisé par une incapacité à adopter une position commune. Le retour avorté de la France au sein de l’Organisation militaire intégrée de l’Otan illustre, entre autres, l’incapacité actuelle du Vieux Continent à adopter une position de sécurité commune.
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