L'auteur, ancien directeur de la fonction militaire et des relations sociales au ministère de la Défense et ancien chef du contrôle général des armées d’avril 1994 à juillet 1996, aborde, liée au passage à l’armée professionnelle, la question importante de la transmission de l’esprit de défense aux jeunes générations.
Défense nationale et citoyenneté
« Aucun peuple ne meurt volontairement à la place d’un autre. À l’heure de vérité,
dont le soldat ne sera pas responsable, nous redécouvrirons les vertus du métier de guerrier ».
(Alexandre Sanguinetti : Histoire du soldat, de la violence et des pouvoirs ; éditions Ramsay, 1979).
L’organisation de la défense de la France est engagée depuis 1995 dans une très profonde mutation dont les effets iront très au-delà d’un simple changement dans la constitution de nos forces armées et concerneront aussi la défense nationale dans toute sa globalité. Cette réforme est la conséquence logique de trois choix politiques, de portée différente, mais tous trois d’importance majeure pour le proche avenir de notre pays : l’intégration européenne, la rigueur budgétaire et le renoncement à l’obligation légale de la conscription.
Pour ce qui concerne plus particulièrement nos armées, il ne s’agit pas uniquement d’une actualisation de la programmation ni d’une nouvelle adaptation de la politique militaire conçue entre 1958 et 1965, qui serait comparable à celles que notre stratégie a déjà connues au cours des quarante années de la Ve République, en fonction de l’évolution des circonstances nationales et internationales, des progrès techniques de notre armement ou des besoins de notre politique étrangère et de la sécurité du territoire, mais d’une véritable rupture dont il importe de bien comprendre les effets pour en mieux maîtriser les principales conséquences.
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