Il y a trois ans, l'auteur, spécialiste de l’Amérique latine, avait rédigé un article plein d’espoir sur le Salvador, ce pays déchiré par douze ans de guerre civile. Il fait ci-dessous le point de la situation : elle s’est améliorée certes, mais beaucoup reste à faire.
Le Salvador à la croisée des chemins
Plus de six années après la signature des accords de paix, signés au Mexique à Chapultepec le 16 janvier 1992, mettant un terme à un conflit interne qui opposait le gouvernement et le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), le Salvador s’est engagé sur la voie de la normalisation politique et du développement économique. Il a connu des élections de la plus haute importance pour la vie démocratique du pays : élection présidentielle en mars-avril 1994, élections municipales et législatives en 1994 et 1997. Celles-ci constituent la dernière consultation dans tout le territoire national avant l’élection présidentielle de mars 1999. Autant dire que le bilan des années passées et les orientations générales, au premier chef desquelles la politique socio-économique du gouvernement du président Armando Calderon Sol, vont alimenter le débat politique durant les mois à venir. Le défi pour chacun des partis politiques est de taille : il s’agit, ni plus ni moins, de s’engager dans une précampagne électorale dont l’enjeu est l’élection du chef de l’État en 1999.
Un des résultats les plus tangibles du retour à la paix a sans doute été l’apparition d’un véritable choix entre deux projets de société : celui du parti Arena, prônant l’instauration d’une économie libérale, et celui des partis de gauche proposant un retour à une certaine étatisation censée fournir les moyens de lutter contre les difficultés sociales que connaît le pays.
Six années après la signature des accords de paix, le Salvador apparaît comme un pays à la croisée des chemins, impression donnée par les principales forces politiques qui se préparent à l’affrontement de 1999 : l’Arena semble connaître une crise de confiance de la part de l’électorat. Une désaffection de ceux qui lui sont traditionnellement acquis, des pertes importantes lors des élections municipales en mars 1997 qui répondent à un certain discrédit, ont conduit à un changement de ses dirigeants et au retour à sa tête de l’ancien président de la République, Alfredo Cristiani. Pour leur part, le FMLN et les partis de gauche qui en sont issus n’ont pas encore durablement gagné la confiance de la majorité des Salvadoriens ; mais ils progressent régulièrement à chaque élection. De la gestion notamment des villes, parmi lesquelles la capitale San Salvador, et de la pertinence de leur programme économique, dépendra la possibilité d’une alternance en 1999.
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