Depuis cinq ans, l'auteur, conseiller du président du groupe d’études sur la démocratie en Amérique centrale à l’Assemblée nationale, nous tient régulièrement informés de la situation et de l’évolution des États de l’isthme. Dans cet article, il nous présente la coopération mise en place entre ceux-ci, la France et l’Europe.
La politique de la France en Amérique centrale
Près de dix ans après la signature des accords d’Esquipulas par lesquels les chefs d’État centraméricains s’engageaient à rechercher une solution pacifique aux conflits que vivait l’Amérique centrale, les processus de paix et d’affirmation de la légitimité démocratique se sont notablement consolidés. L’Amérique centrale, enjeu des relations bipolaires durant les années 80, a connu, depuis le début des années 90, une mutation politique, économique, culturelle et intellectuelle profonde. La volonté de parvenir à une paix durable ne pouvait qu’avoir des conséquences sur le schéma démocratique et sur l’exigence d’assurer le développement économique. La paix, désormais effective dans tous les pays de l’isthme, a par ailleurs libéré les facteurs permettant la cohérence économique régionale et la création du Système d’intégration centraméricain (Sica).
Jamais sans doute au cours de l’histoire, les conditions n’avaient été aussi bien réunies pour que la France manifeste une présence souhaitée et attendue en Amérique centrale, placée sous le signe d’un appui désintéressé à la démocratisation, à la modernisation des structures étatiques et à l’intégration économique régionale. Une politique active de la France dans cette partie du monde est d’autant plus espérée par les Centraméricains qu’elle répond à une recherche de diversification de ses partenaires étrangers : trop longtemps considérée comme la cinquième frontière nord-américaine, acceptant avec difficulté le statut de puissance régionale revendiqué par le Mexique, voulant exister entre l’Aléna au Nord, le pacte Andin ou le Mercosur au Sud, l’Amérique centrale souhaite voir la coopération avec la France et l’Union européenne se renforcer. Les stigmates de la déclaration franco-mexicaine étant pratiquement effacés, notre pays bénéficie en 1998 d’une bonne image qui s’appuie aussi sur un voisinage culturel et géographique avec les départements de la Martinique et de la Guadeloupe.
L’Amérique centrale appartient à l’espace ibéro-américain qui tend à s’organiser depuis quelques années. Sans gêner qui que ce soit, la France entend proposer une coopération moderne, axée sur une aide à la modernisation des États et des administrations, à la protection de l’environnement, à la gestion des villes en pleine croissance. Cette coopération est placée sous le signe de l’intérêt général, car elle permet d’assurer une complémentarité avec les relations existant entre l’Union européenne et l’Amérique centrale.
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