L'auteur, journaliste, très mesuré dans l'exposé des évènements mondiaux, nous présente une synthèse fort juste des conflits auxquels nous sommes, et seront confrontés, dans les décennies récente, actuelle et futures.
De nouveaux conflits armés ?
Les bouleversements internationaux de 1989-1991 ont incontestablement marqué une césure dans l’état du monde contemporain. Pourtant, ce fut le moment où l’on enterra des notions qui bougeaient encore. Fin de l’histoire ? L’humanité ne s’est pas achevée dans le libéralisme, qui serait le nec plus ultra de la modernité. Fin de la guerre ? L’homme étant l’homme, cela reste à démontrer. Fin des régimes autoritaires, par propagation universelle de la démocratie ? Les élections dites libres promeuvent — au nom de Dieu, des peuples, ou tout simplement de la peur — des régimes antidémocratiques. Fin de la politique, par mondialisation économique ? Le monde de l’argent est également tueur, et souvent avec plus de précision que les fusils.
Ces « fins » ne sont que des leurres pour nos civilisations de masse ; et les opinions publiques aiment être bercées. En fait, si l’on admet que le conflit est fondamentalement un heurt entre des volontés en action, que sa durée et sa violence dépendent de l’incompatibilité des intérêts en cause et des dynamiques de puissance, on constate que les affrontements restent au cœur de la vie des nations. Il n’y a rien de bien nouveau sous le soleil, sinon l’inventivité des hommes à se déchirer. Reste à savoir, comme dans toute période de transition, ce qui relève de l’ancien, ce qui dépend de la nouveauté.
Laissons de côté, ici, les crises (phénomène bien étudié dans la littérature française), les renversements de régime et les affaires de terrorisme, même s’ils provoquent des interactions fréquentes et complexes avec les conflits, que ceux-ci débouchent sur des épreuves armées ou sur des guerres. Écartons la guerre de coalition contre l’Irak (1991) qui, comme celle de Corée (1950-1953), relève d’une problématique particulière (Onu). N’abordons pas les sorties de conflits (médiations, sanctions économiques, opérations de maintien de la paix, accords de paix, relais des organisations régionales, démilitarisation des mouvements paramilitaires et des guérilleros, reconstructions, instauration d’une justice internationale). Regardons plutôt ce qui est vraiment différent dans la conflictualité présente.
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