L'arrivée d'un nouveau chef d'état-major à la tête de l'Armée de terre américaine a bouleversée cette institution, dont les première transformations commencent à prendre corps avec, en particulier, les Medium Forces. C'est ce que nous explique l'auteur, qui avait déjà écrit dans notre revue, en particulier sur le char Leclerc et qui était à l'époque affecté à Fort Monroe (Virginie) où il exerçait les fonctions de chef du réseau de liaison auprès de l'Armée de terre américaine.
Un nouveau concept pour l'Armée de terre des États-Unis
Après un été 1999 vécu dans les rangs de l’armée de terre américaine, depuis la nomination du général Shinseki au poste de chef d’état-major, comme la chronique d’un bouleversement annoncé, l’évolution future de l’US Army a continué à marquer les réflexions et à remplir les colonnes des journaux spécialisés. Une certaine période de maturation s’est écoulée depuis le discours fondateur du Cemat lors de la réunion d’octobre de l’AUSA — la très puissante association de l’US Army — à Washington. On cerne mieux désormais le cadre plus général de la véritable mutation que la nouvelle hiérarchie entend mener ; elle devrait, en quelques années, donner un profil renouvelé à l’institution.
Pour le général Shinseki, il s’agit de « produire de la capacité opérationnelle et non plus des études », selon son expression lors de sa conférence de presse du 12 octobre. Cette nouvelle capacité opérationnelle doit se traduire concrètement par la possibilité de déployer, n’importe où dans le monde, une brigade en 96 heures, une division en 120 heures et un corps d’armée en 30 jours. Pour parvenir à cet objectif extrêmement ambitieux, le nouveau chef de l’armée de terre entend que chacun « remonte ses manches » et que l’Army entame immédiatement une « transformation en profondeur » propre à lui conférer une véritable agilité stratégique, ce qui, en exigences, va bien au-delà de la simple capacité à opérer simultanément sur deux théâtres majeurs d’opérations.
Genèse
On perçoit mieux, avec un peu de recul, la genèse de cette décision, en rupture profonde et brutale avec les errements antérieurs. Elle se trouve au carrefour d’une attente sourde, mais de moins en moins voilée, et d’un constat plutôt négatif sur le rôle de l’US Army dans les affaires du Kosovo ; la cristallisation s’est probablement réalisée, au cours de l’été, sous l’effet de deux événements catalyseurs.
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