Vers une défense nouvelle
En 1962, le général de Gaulle engageait la réforme qui fit passer notre défense de l’âge de la guerre classique, de l’Europe centre du monde et des empires coloniaux à l’ère de la dissuasion nucléaire, de la confrontation Est-Ouest et des indépendances. En 1996, sept ans après la chute du mur de Berlin, le président de la République engage une révolution de notre modèle d’armée qui fait entrer notre défense dans le XXIe siècle. Pourquoi avoir tant attendu pour jeter les bases d’une défense nouvelle ? Pourquoi tirer aujourd’hui seulement les conséquences d’un changement d’époque ?
Certes, dès 1994, le Livre blanc sur la Défense énonçait les enseignements de la dislocation de l’empire soviétique, proposait une analyse pertinente du nouveau paysage stratégique et inscrivait notre politique de défense dans une orientation résolument européenne. Pourtant, le contexte politique de la cohabitation empêchait de mener cette démarche à son terme. Des questions essentielles demeuraient en suspens, comme le choix de nos futures composantes nucléaires, l’avenir du service national et celui de nos industries de défense…
L’élection présidentielle a sonné l’heure des choix. Les orientations qui ont été annoncées accomplissent la démarche engagée en 1994. Elles se situent d’autre part à l’avant-garde de la réforme de l’État voulue par le président de la République et le Premier ministre : l’efficacité doit justifier la dépense publique ; la maîtrise des déficits doit renforcer la cohésion sociale en donnant une impulsion forte à la croissance de notre économie et à la création d’emplois.
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